Le dossier du créateur de contenu Keylor, également orthographié Kaylor, s'alourdit. Selon le quotidien Libération, repris par Seneweb, le parquet a ajouté la « diffusion de fausses nouvelles » aux charges initialement retenues contre lui. Le jeune homme de 30 ans, placé sous mandat de dépôt après son déferrement par la Sûreté urbaine, a passé sa première nuit en prison. Il sera jugé dès mercredi devant le tribunal des flagrants délits de Dakar.
Les poursuites
Aux charges de diffamation, de collecte illicite de données à caractère personnel, d'incitation à la discrimination raciale et d'appel à la haine s'ajoute donc désormais celle de diffusion de fausses nouvelles. Ces accusations devront être examinées par le tribunal ; à ce stade, l'intéressé bénéficie pleinement de la présomption d'innocence.
L'affaire est partie d'une plainte du président de la Fédération nationale des boutiquiers pour la modernisation (FNBM). Celui-ci reproche à l'administrateur d'un compte TikTok d'avoir diffusé des vidéos évoquant un prétendu boycott, par certains commerçants, de produits locaux comme des eaux minérales et du sucre fabriqués au Sénégal. Selon le plaignant, ces publications portent atteinte à la réputation des commerçants et risquent d'« attiser les tensions entre commerçants sénégalais et étrangers ». Il soutient que les pénuries observées découlent uniquement de « difficultés d'approvisionnement ».
Sa défense
Face aux enquêteurs, en présence de ses avocats, Keylor a reconnu être l'auteur des vidéos, mais conteste catégoriquement les intentions qui lui sont prêtées. Il affirme avoir seulement « voulu alerter les autorités sur la disponibilité des eaux locales et sur la protection des consommateurs ». Sur le boycott, il dit « n'avoir formulé aucune accusation catégorique » et avoir « simplement évoqué cette possibilité ».
Il assure également que les commerçants filmés étaient informés et qu'il avait pris soin de « flouter les visages dans l'une des vidéos ». Niant tout propos haineux, il se présente comme un « lanceur d'alerte » qui ne cherchait à « stigmatiser aucune ethnie ». Il appartiendra au tribunal de trancher mercredi.






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