L’affrontement médiatico-judiciaire se poursuit entre les partisans de l’ancien régime sénégalais et l’avocat franco-espagnol Juan Branco. Quelques heures après les déclarations de ce dernier faisant état d’une évolution judiciaire défavorable à l’ancien président Macky Sall dans une procédure en France, la réplique du camp de l’ex-chef de l’État n’a pas tardé. Dr Yoro Dia, ancien ministre-conseiller et ex-porte-parole de la présidence de la République sous Macky Sall, est monté au créneau pour contester vigoureusement les arguments de l’avocat.
C’est sur les réseaux sociaux que le politologue et ancien collaborateur de Macky Sall a choisi de mener la contre-offensive. Dans une publication au ton particulièrement acerbe, Dr Yoro Dia a qualifié les déclarations de Juan Branco de « branconnerie », une formule méprisante destinée à tourner en dérision les arguments de l’avocat.
L’ancien ministre-conseiller est allé plus loin en présentant ce dernier comme un « fanfaron venu se recycler chez nous parce que personne ne le prend au sérieux à Paris ». Par cette sortie, Yoro Dia entend remettre en cause la crédibilité de l’avocat ainsi que la portée de ses déclarations sur le dossier judiciaire concernant l’ancien président sénégalais.
Cette réaction intervient après les déclarations de Me Juan Branco concernant une procédure engagée en France contre Macky Sall, en lien avec les violences politiques survenues au Sénégal entre 2021 et 2024.
Selon l’avocat, le conseiller rapporteur de la Cour de cassation française se serait prononcé en faveur de la transmission de la procédure à la chambre de l’instruction. Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une plainte portant sur des faits que Juan Branco qualifie de crimes contre l’humanité.
L’avocat estime que cette évolution pourrait avoir des conséquences sur l’image internationale de l’ancien chef de l’État, notamment au regard des spéculations autour d’une éventuelle candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU).
Toutefois, la portée exacte de cette étape procédurale et ses éventuelles conséquences judiciaires restent à apprécier au regard des décisions officielles des juridictions françaises.
Pour contester l’interprétation défendue par Juan Branco, Dr Yoro Dia a également évoqué les initiatives judiciaires antérieures de l’avocat devant la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye.
« Il n’a qu’à d’abord nous dire la suite réservée à sa plainte par la CPI », a-t-il lancé, mettant ainsi en doute la portée des démarches entreprises par l’avocat dans ce dossier.
L’ancien porte-parole de la présidence a finalement conclu sa charge par une formule lapidaire : « À la poubelle ». Une expression qui traduit la volonté de rejeter catégoriquement les arguments avancés par Juan Branco.
Au-delà des échanges d’invectives, cette polémique illustre la confrontation persistante entre les soutiens de Macky Sall et ceux qui réclament que des responsabilités soient établies à la suite des violences politiques survenues au Sénégal entre 2021 et 2024.
Alors que la procédure évoquée par Juan Branco suscite des interprétations divergentes, la bataille se joue également sur le terrain de la communication politique. D’un côté, l’avocat met en avant une évolution qu’il estime importante pour le dossier visant l’ancien président. De l’autre, Yoro Dia conteste la crédibilité de cette lecture et en minimise la portée.
En attendant d’éventuelles décisions officielles des juridictions françaises, les déclarations des deux camps alimentent ainsi un débat dans lequel les enjeux judiciaires se mêlent étroitement aux rivalités politiques sénégalaises.






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