L’affaire des documents d’état civil sénégalais attribués à Maimouna Ba, plus connue sous le nom de Nourah, connaît de nouveaux développements. La Division spéciale de cybercriminalité (DSC) a procédé à deux interpellations dans le cadre de l’enquête sur les conditions dans lesquelles la jeune femme aurait obtenu des documents faisant état d’une naissance à Nguidilé, dans la région de Louga. Parallèlement, le chroniqueur Mamadou Cissé a été placé en garde à vue pour diffusion de fausses nouvelles, à la suite de déclarations faites au sujet du comportement présumé d’un policier envers Nourah Ba.
Selon les informations rapportées par le journal Libération, Nourah Ba a été placée sous mandat de dépôt le jeudi 15 octobre 2026. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer comment elle a pu obtenir des documents d’état civil sénégalais alors que son identité et les conditions d’établissement de ses pièces administratives font l’objet de vérifications.
Un conseiller municipal mis en cause dans l’obtention des documents
Au cours des investigations, les enquêteurs de la DSC se sont intéressés à Ibrahima N., conseiller municipal à Niomré. Ce dernier aurait été désigné par Nourah Ba comme la personne qui lui aurait fourni son extrait de naissance.
Convoqué une première fois pour être entendu sur son implication présumée dans cette affaire, l’élu aurait catégoriquement nié les faits. Il aurait même affirmé n’avoir jamais rencontré la jeune femme.
Cependant, l’exploitation de son téléphone portable, effectuée avec son accord, aurait permis aux enquêteurs de découvrir des tentatives de communication avec Nourah Ba sur WhatsApp alors que celle-ci se trouvait déjà en garde à vue. Confronté à ces éléments, Ibrahima N. serait revenu sur ses premières déclarations lors d’un second interrogatoire, avant de reconnaître les faits qui lui étaient reprochés.
Une procédure engagée depuis 2023
D’après les aveux rapportés par Libération, Ibrahima N. aurait fait la connaissance de Nourah Ba en 2023, par l’intermédiaire d’un ami identifié sous le nom de A. Ndiaye, alors que la jeune femme se trouvait au Maroc.
À cette période, Nourah Ba lui aurait transmis une copie de sa carte nationale d’identité, dont la date d’expiration approchait, en sollicitant son aide pour obtenir de nouveaux documents.
L’élu aurait alors transmis le dossier à un agent de l’état civil de Nguidilé, identifié comme M. Fall, aujourd’hui décédé. Ce dernier lui aurait signalé que le numéro d’extrait de naissance concerné était déjà attribué à une autre personne, ce qui aurait empêché l’établissement immédiat du document demandé.
Face à cette difficulté, une autre démarche aurait été envisagée dans le cadre des audiences foraines organisées à Nguidilé. Selon les déclarations attribuées à Ibrahima N., Nourah Ba lui aurait alors fait parvenir les cartes nationales d’identité de ses parents ainsi qu’une somme de 20 000 francs CFA.
Sur ce montant, 10 000 francs CFA auraient été destinés aux frais de constitution du dossier, tandis que le reste aurait été remis à l’agent de l’état civil aujourd’hui décédé, selon les explications rapportées par le journal.
Des documents transmis à Dakar
Toujours selon les éléments de l’enquête rapportés par Libération, quelques jours après ces démarches, M. Fall aurait reçu le volet 1 d’une copie littérale établie au nom de Mariama Ba, dite Nourah.
Ibrahima N. aurait ensuite procédé à l’envoi des documents à Dakar. Ceux-ci auraient été réceptionnés par un frère de Nourah Ba, dont l’identité n’aurait pas été précisée par l’élu lors de ses déclarations.
Ces révélations constituent un volet important des investigations menées par la DSC. Les enquêteurs cherchent notamment à établir les responsabilités des différentes personnes susceptibles d’être intervenues dans l’obtention et la transmission des documents, ainsi que les circonstances exactes de leur délivrance.
Les faits rapportés reposent, à ce stade, sur les éléments d’enquête et les déclarations attribuées aux personnes concernées. Les responsabilités pénales devront être établies dans le cadre de la procédure judiciaire.
Mamadou Cissé en garde à vue pour diffusion de fausses nouvelles
En marge de ce dossier relatif à l’état civil, le chroniqueur Mamadou Cissé a également été placé en garde à vue le même jour. Cette mesure fait suite à des propos tenus lors d’une émission, au cours de laquelle il avait affirmé que Nourah Ba aurait été insultée et frappée par un policier.
Ces déclarations ont conduit à son audition par les services compétents pour des faits présumés de diffusion de fausses nouvelles.
Au cours de la procédure, le chroniqueur aurait expliqué avoir été induit en erreur par des personnes présentées comme proches de Nourah Ba. Il aurait également exprimé sa disposition à présenter des excuses publiques à la suite de ses déclarations.
Cette seconde procédure vient ainsi s’ajouter aux investigations portant sur l’origine des documents d’état civil attribués à Nourah Ba. Tandis que les enquêteurs poursuivent leurs vérifications sur les conditions d’obtention de ces pièces administratives, les circonstances exactes des accusations visant le policier restent également au cœur des éléments rapportés dans cette affaire.






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