Entre début juillet et fin septembre 2026, 27 830 colons israéliens ont pénétré dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, selon des chiffres attribués à la municipalité arabe d'Al-Qods. À ce total s'ajoutent plus de 13 000 personnes entrées au titre de visites dites « touristiques ».
Pour l'historien et militant franco-palestinien Ehmad Ibrahim, ces incursions n'ont rien de banal : elles s'accompagnent désormais de rites et de prières juives, en présence de rabbins, de députés de la Knesset et même de ministres. Il relève notamment l'usage du chofar, corne rituelle à forte portée symbolique. Sur la même période, 114 Palestiniens auraient été blessés dans l'enceinte et au moins six tués, tandis que les arrestations de fidèles se multiplient.
L'auteur y voit l'installation d'un partage du lieu dans l'espace et dans le temps, une situation qu'il juge sans précédent depuis 1187. Il rappelle le cas du Caveau des Patriarches à Hébron (Al-Khalil), largement fermé aux musulmans après le massacre de fidèles en 1994.
Il souligne surtout l'affaiblissement des mobilisations. Par le passé, l'ouverture d'un tunnel sous la mosquée en 1996 ou la visite d'Ariel Sharon en septembre 2000 avaient déclenché de vastes soulèvements. Aujourd'hui, la guerre à Gaza, la répression en Cisjordanie, la normalisation entre Israël et plusieurs États arabes et le silence de la plupart des pays musulmans laisseraient, selon lui, le champ libre à Israël. La fermeture du site pendant 40 jours en février 2026, durant la guerre contre l'Iran, sans réaction notable, aurait sonné comme un feu vert.






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