Le responsable du parti KIIRAAY Les Patriotes Républicains dans la commune de Khélcom Birame, département de Guinguinéo, Malick Diouf, réagit aux propos attribués au député Ismaïla Diallo à l’Assemblée nationale. Partisan du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, il dénonce ce qu’il considère comme une dérive du discours politique et appelle les parlementaires à davantage de retenue, de responsabilité et d’exemplarité.
Le débat politique sénégalais est une nouvelle fois marqué par la question du respect des institutions et de la responsabilité des acteurs publics. Après les propos attribués au député Ismaïla Diallo, qui aurait qualifié le président de la République de « traître » à l’Assemblée nationale, Malick Diouf, responsable du parti KIIRAAY Les Patriotes Républicains dans la commune de Khélcom Birame, a tenu à réagir.
Dans une prise de position intitulée « Non, Honorable Ismaïla Diallo : l’insulte n’est pas un argument », Malick Diouf exprime son désaccord avec les termes employés par le parlementaire. Il précise ne pas connaître personnellement le député, malgré leur appartenance au même département. Il estime toutefois nécessaire de l’interpeller au nom des populations de Guinguinéo, confrontées, selon lui, à de nombreuses difficultés sociales et économiques.
Pour le responsable politique, les divergences et les confrontations politiques, même lorsqu’elles sont profondes, ne sauraient justifier les insultes dans l’espace institutionnel. Il déplore une évolution du débat public marquée, selon lui, par une montée de la violence verbale au détriment de la confrontation des idées.
« L’insulte à la bouche n’est jamais une solution. Elle n’élève ni son auteur ni notre démocratie », soutient Malick Diouf, qui appelle à préserver la dignité des institutions républicaines et la qualité du débat démocratique.
Il s’interroge notamment sur les priorités d’un parlementaire dont le département fait face, selon lui, à d’importantes difficultés. « Comment un député peut-il perdre son temps et son énergie à injurier le chef de l’État quand son département crie famine, quand ses jeunes n’ont ni emploi ni perspective, quand ses villages manquent d’eau, d’électricité et de centres de santé dignes ? », s’interroge-t-il.
Malick Diouf rappelle par ailleurs les responsabilités attachées au mandat parlementaire. Le député est avant tout un représentant de la Nation. À ce titre, il participe au vote des lois, au contrôle de l’action du gouvernement et à l’évaluation des politiques publiques, tout en portant les préoccupations des citoyens.
Selon lui, cette fonction implique également des devoirs en matière de comportement et de responsabilité. La liberté de parole dont bénéficie le parlementaire dans l’exercice de son mandat doit, estime-t-il, s’accompagner du respect de la Constitution, des institutions et de la dignité de la fonction.
Pour le responsable de KIIRAAY Les Patriotes Républicains, la confrontation politique ne devrait donc pas se transformer en attaques personnelles. Il considère que les élus doivent privilégier les arguments, les propositions et le débat de fond afin de répondre aux attentes des populations.
Malick Diouf concentre également son intervention sur les difficultés auxquelles serait confronté le département de Guinguinéo. Il estime que les populations attendent de leurs représentants des plaidoyers portant sur leurs préoccupations quotidiennes plutôt que des polémiques politiques.
Sur le front de l’emploi et de la pauvreté, il évoque notamment les difficultés d’insertion des jeunes et la vulnérabilité des populations rurales. Il appelle les parlementaires à porter davantage ces préoccupations auprès du gouvernement et à défendre des initiatives susceptibles de favoriser l’emploi et l’activité économique dans le département.
L’agriculture constitue également, selon lui, un enjeu majeur. Dans un territoire à forte vocation agropastorale, il estime que les élus doivent plaider en faveur de l’accès aux semences, des intrants agricoles, des infrastructures de stockage et de transformation ainsi que des mécanismes permettant de renforcer la résilience des producteurs face aux aléas climatiques.
La question des infrastructures et des services sociaux de base figure également parmi les priorités citées par Malick Diouf. Il évoque notamment l’accès à l’eau potable, à l’électricité, aux structures sanitaires et aux routes dans certaines zones rurales.
« Le département de Guinguinéo a des urgences. Ses populations ont soif, elles ont faim, elles sont malades et elles sont sans emploi. Elles n’ont pas besoin qu’on insulte le président dans l’hémicycle. Elles ont besoin qu’on plaide leur cause avec dignité et efficacité », martèle-t-il.
Le responsable politique insiste également sur la nécessité de préserver la solennité des institutions de la République. À ses yeux, les critiques à l’égard du président de la République, du gouvernement ou de toute autre institution restent légitimes dans le cadre du débat démocratique, mais elles doivent être formulées dans le respect des règles républicaines.
Il estime ainsi que les députés peuvent contester les décisions gouvernementales, interpeller les ministres ou défendre des orientations différentes sans recourir à l’invective.
Pour Malick Diouf, les tensions politiques ne doivent pas faire perdre de vue les responsabilités qui incombent aux élus. « Le débat politique peut être dur. Il ne doit jamais perdre sa dignité. Et il ne doit jamais faire oublier les urgences de nos populations », résume-t-il.
Au-delà de la critique, Malick Diouf invite Ismaïla Diallo à revenir sur les propos qui lui sont attribués et à présenter publiquement ses excuses. Selon lui, un tel geste constituerait un signe de responsabilité et contribuerait à apaiser le débat politique.
Il appelle surtout le député à se concentrer davantage sur les préoccupations de son département. Il souhaite le voir porter à l’Assemblée nationale les questions relatives à l’emploi des jeunes, aux difficultés des femmes rurales, à l’enclavement de certaines localités, à l’accès à l’eau et à l’électricité ainsi qu’aux besoins en matière de santé.
« Qu’il interpelle le gouvernement, non pas avec des insultes, mais avec des dossiers, des chiffres et des propositions. Voilà ce que les populations de Guinguinéo attendent de lui », soutient-il.
« Guinguinéo exprime ses regrets »
Dans sa déclaration, Malick Diouf affirme également que les propos attribués au député ont suscité un sentiment de regret au sein du département. Il estime que cette sortie donne une image négative de Guinguinéo et appelle à dissocier les désaccords politiques de l’identité et de la dignité des populations.
Il cite notamment d’anciens élus du département, parmi lesquels Mamadou Moustapha Ndiaye, Mandiaye Kébé et Rokhaya Daba Diouf, estimant que cette polémique contraste avec l’image qu’ils avaient, selon lui, contribué à donner de la représentation politique locale.
Il adresse, dans ce contexte, un message d’excuses au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, au nom des populations de Guinguinéo, tout en réaffirmant que les désaccords politiques doivent pouvoir s’exprimer sans remettre en cause le respect dû aux institutions.
À travers cette sortie, Malick Diouf plaide pour un débat politique davantage fondé sur les arguments, les propositions et la responsabilité. Son message s’adresse particulièrement aux parlementaires, mais également à l’ensemble des acteurs de la vie publique.
Il rappelle que la liberté de critique constitue une composante essentielle de la démocratie et que les députés doivent pouvoir interpeller les autorités et contester les politiques publiques. Il estime toutefois que cette liberté doit s’exercer dans le respect des personnes et des institutions.
Pour lui, la priorité doit rester la défense des intérêts des populations. « Le débat politique peut être dur. Il ne doit jamais perdre sa dignité. Et il ne doit jamais faire oublier les urgences de nos populations », insiste-t-il.
Malick Diouf conclut ainsi son interpellation par un appel à davantage de responsabilité dans l’exercice du mandat parlementaire. Selon lui, le département de Guinguinéo attend avant tout de ses représentants qu’ils portent ses préoccupations, défendent ses intérêts et obtiennent des réponses concrètes aux difficultés auxquelles les populations sont confrontées.





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