Les aviculteurs sénégalais tirent la sonnette d’alarme. Réunie samedi à Thiès pour un point de presse, l’Interprofession avicole du Sénégal (IPAS) s’inquiète de l’arrivée annoncée de grandes exploitations étrangères dans les régions de Thiès et de Diourbel.
Selon son secrétaire général, Mamadou Bâ, les professionnels ont été informés d’un projet de ferme d’un million de poules pondeuses à Thiès, qui serait porté par des investisseurs chinois. Un second projet, attribué à des promoteurs brésiliens, serait attendu dans la région de Diourbel. D’après l’IPAS, certains de ces investisseurs verraient dans le Sénégal une porte d’entrée vers le marché africain. L’identité des porteurs de ces projets n’a pas été précisée.
Pour l’organisation, l’équilibre du secteur est en jeu. Le pays compte aujourd’hui environ trois millions de pondeuses, un cheptel qui suffit, assure-t-elle, à approvisionner correctement le marché. Porter cet effectif à 4,5 millions ou davantage risquerait, selon M. Bâ, de « perturber durablement et gravement » la filière.
Le responsable évalue à 60 000 le nombre d’emplois menacés. L’IPAS craint la disparition des petits producteurs, qui élèvent environ 3 000 sujets pour un revenu mensuel de 200 000 à 300 000 francs CFA, ainsi que celle des 750 à 1 000 fermes installées entre Thiès, Dakar et une partie de Saint-Louis.
L’interprofession soulève aussi la question environnementale : 10 000 pondeuses produiraient environ une tonne de fientes, et le traitement de ces déchets n’aurait pas été pris en compte dans le projet, estime-t-elle.
L’IPAS demande aux autorités de réexaminer les autorisations accordées aux investisseurs et de conduire toutes les études nécessaires avant toute installation. Un recensement des acteurs de la filière est par ailleurs en cours, mené par l’État avec des partenaires de la Banque mondiale.






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