La filière cajou se sent oubliée. L'Interprofession cajou du Sénégal (ICAS) dénonce l'absence de mesures spécifiques en faveur de l'anacarde dans les décisions du Conseil interministériel consacré à la campagne de commercialisation agricole 2026-2027, tenu le 22 octobre, rapporte Seneweb. Par la voix de son président, Boubacar Konta, elle demande au gouvernement de corriger cette omission.
Vingt décisions, aucune pour le cajou
Arachide, coton, maïs, riz, horticulture, mil et sésame bénéficient de dispositions spécifiques. Le cajou, lui, n'est mentionné dans aucun dispositif dédié au financement, à la commercialisation ou à la productivité. Certaines mesures générales pourraient profiter à la filière, reconnaît l'ICAS, mais aucun engagement ne précise les moyens, les conditions d'accès ou le calendrier. À titre de comparaison, le Conseil a confirmé une enveloppe de cinq milliards de FCFA pour le coton et une subvention de 50 FCFA par kilo due aux riziers.
Une filière qui pèse lourd
Selon des chiffres présentés en mai 2026 et rapportés par l'APS, le secteur compte environ 130 000 producteurs, couvre près de 300 000 hectares et a généré quelque 92 milliards de FCFA de revenus en 2023. Il fait vivre de nombreuses familles, notamment en Casamance, mais aussi dans d'autres zones comme Fatick, à travers la collecte, la transformation, le transport et l'exportation. Les rendements restent pourtant faibles, entre 300 et 350 kg par hectare.
Des engagements chiffrés réclamés
L'ICAS plaide pour un programme de renouvellement des vergers, la diffusion de plants performants, le renforcement de la recherche et un examen concerté des difficultés bancaires des opérateurs. Elle refuse que ses attentes soient renvoyées au seul plan consacré à la Casamance et réclame une réunion interministérielle avec les acteurs, afin d'aboutir à « des engagements chiffrés, assortis de responsables désignés et d'échéances précises ».






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