Le climat social s'est brusquement tendu aux Ciments du Sahel. Des travailleurs de la cimenterie de Kirène, près de Diass, ont été conduits à la brigade de gendarmerie dans la soirée du jeudi 8 octobre, avant d'être relâchés dans la nuit, sur fond de mouvement de grève.
À l'origine du conflit, un préavis déposé le 7 septembre et arrivé à échéance sans qu'un accord ait été trouvé. Les salariés portent une plateforme de onze points : primes de logement, de production et de cadre, mais aussi régularisation des journaliers, prime de risque et mise en place d'un cadre de concertation avec la direction. Les séances de conciliation menées devant l'Inspection du travail se sont soldées par un procès-verbal de non-conciliation.
Ibrahima Hann, délégué du personnel et responsable syndical, voit dans l'intervention des gendarmes une tentative d'intimidation. Selon lui, toutes les étapes légales liées au préavis auraient été respectées, tandis que la direction aurait refusé toute discussion sans formuler la moindre proposition. De telles pratiques, estime-t-il, « ne devraient plus exister au Sénégal ».
La version de la direction générale de l'entreprise et celle de la gendarmerie n'étaient pas connues vendredi soir, et le motif précis des interpellations n'a pas été communiqué. Les délégués, qui assurent se battre pour la pérennité de l'usine et pour la dignité de ses employés, préviennent qu'à défaut d'avancée, l'arrêt de la production sera total et illimité sur l'ensemble du site.






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