La Cour pénale internationale (CPI) hausse le ton face à Washington. La juridiction installée à La Haye a rejeté les sanctions prises à son encontre par le Département d’État américain, y voyant une « attaque contre l’État de droit et les fondements mêmes de l’ordre juridique international ».
Cette fois, c’est la Cour en tant qu’institution qui est visée, et non plus seulement certains de ses membres. Dans un communiqué, la CPI parle d’une mesure « sans précédent », qui s’ajoute à une série de désignations ayant déjà touché treize de ses juges et procureurs. Selon l’administration américaine, les sanctions entreront en vigueur dans 180 jours et interdiront toute transaction financière avec la Cour, afin de la priver de ressources et de réduire sa capacité d’action. Le Département d’État dit agir pour défendre la souveraineté des États-Unis et protéger leurs citoyens face à ce qu’il considère comme une menace.
La CPI y voit, elle, une tentative d’entraver le cours de la justice. « Nul n’est au-dessus des lois », rappelle-t-elle. Sa présidente, Tomoko Akane, assure que la Cour continuera d’exercer son mandat en toute indépendance et impartialité, sur la base du droit et des preuves, au bénéfice des victimes des crimes les plus graves.
L’institution en appelle désormais à ses 125 États parties, parmi lesquels le Sénégal, pour qu’ils prennent des mesures concrètes lui garantissant les moyens de poursuivre ses travaux. « Il ne s’agit pas seulement de défendre une institution, mais de préserver l’ordre international fondé sur l’État de droit », plaide-t-elle. Créée par traité, la CPI est chargée de poursuivre le génocide, les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et le crime d’agression.






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