Le rendez-vous constitue une première dans le processus engagé par les autorités sénégalaises pour tenter de rétablir la soutenabilité de la dette publique. Selon RFI, la réunion doit principalement porter sur le traitement de la dette libellée en euros et en dollars, dans un contexte marqué par un niveau d’endettement présenté comme atteignant environ 130 % du produit intérieur brut.
Confronté à cette situation, le Sénégal souhaite s’inscrire dans le cadre commun du G20, un mécanisme déjà utilisé par d’autres pays fortement endettés, notamment la Zambie et le Tchad, pour engager des discussions avec leurs créanciers sur le réaménagement de leur dette extérieure.
La réunion de ce mardi est toutefois présentée comme une étape d’information et de dialogue. Aucun accord financier ne devrait être conclu à ce stade. L’objectif immédiat est surtout de réunir les différents créanciers du Sénégal, de les identifier précisément et de permettre aux autorités de présenter leur lecture de la situation économique et financière du pays.
Cette première prise de contact doit également permettre à Dakar d’exposer son programme de réformes ainsi que les orientations retenues pour parvenir à un traitement de sa dette compatible avec ses capacités financières.
L’identification des créanciers constitue justement l’un des enjeux de cette première rencontre. Une partie des bailleurs bilatéraux du Sénégal est connue. La Chine occupe une place importante, avec environ 8 % de la dette extérieure du pays, devant notamment la France, l’Inde, le Koweït, l’Allemagne et le Japon.
En revanche, la composition exacte de la dette détenue par les banques commerciales et les créanciers privés apparaît moins clairement établie dans le cadre des discussions rapportées. Le premier tour de table doit donc contribuer à dresser une cartographie plus précise des différents détenteurs de créances sur le Sénégal.
Cette étape doit également permettre aux partenaires de mieux comprendre les ambitions de Dakar, l’état de ses finances publiques et les réformes envisagées par les autorités pour améliorer la situation économique du pays.
Plusieurs scénarios peuvent être envisagés dans le cadre d’une restructuration. Le premier consisterait à obtenir un allongement des échéances, afin de donner davantage de temps au Sénégal pour honorer ses engagements. Une deuxième possibilité serait de négocier une réduction des coupons, c’est-à-dire des intérêts versés aux détenteurs d’obligations. Une troisième option, beaucoup plus lourde, consisterait à suspendre temporairement les remboursements.
Pour l’heure, Dakar semble privilégier la voie du rééchelonnement. L’objectif serait d’obtenir un calendrier de remboursement plus compatible avec les capacités financières du pays, sans nécessairement aller vers une interruption du service de la dette.
Reste à déterminer si cette solution permettrait à elle seule de ramener la dette sénégalaise à un niveau considéré comme soutenable par le FMI. C’est précisément l’une des principales questions auxquelles devront répondre les discussions avec les créanciers.
La rencontre de ce mardi ne constitue donc pas encore l’aboutissement d’une restructuration, mais plutôt le point de départ d’un processus appelé à se poursuivre. Pour Dakar, il s’agit désormais de convaincre ses partenaires de la nécessité d’un traitement adapté de sa dette tout en présentant un programme de réformes susceptible de restaurer progressivement la confiance et la soutenabilité des finances publiques.
Les discussions qui s’ouvrent avec les créanciers seront ainsi déterminantes pour définir les contours de la stratégie sénégalaise et mesurer jusqu’où les partenaires financiers accepteront d’accompagner le pays dans cette nouvelle phase de gestion de son endettement.






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