Discours de rejet, comportements dangereux sur la route, recul du respect de l'autorité : le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, a abordé sans détour ces préoccupations lors de l'émission « Sans Filtre » de la RTS, appelant à une responsabilité partagée entre citoyens et représentants de l'État.
« Il ne faut jamais sous-estimer ce type de discours »
Le ministre s'inquiète de la progression de propos xénophobes dans l'espace public. Selon lui, la pauvreté et les difficultés économiques peuvent offrir un terreau favorable au rejet de l'autre. Il appelle le Sénégal à rester fidèle à sa tradition d'hospitalité, tout en exigeant des étrangers qu'ils respectent la législation, notamment en matière de séjour. La loi, insiste-t-il, doit s'appliquer à tous sans distinction arbitraire.
Il a rappelé que les ressortissants de la CEDEAO bénéficient de facilités d'entrée et de séjour, comme les Sénégalais qui se rendent par exemple en Côte d'Ivoire, tandis que les autres nationalités sont soumises au visa. Les procédures d'entrée et de séjour seront modernisées et digitalisées, avec la possible mise en place de nouveaux documents.
« Les sanctions sont assez dures, mais il faut durcir leur application »
Sur la sécurité routière, le ministre estime que le problème tient moins à l'absence de sanctions qu'à leur application effective. Il dit avoir rencontré des syndicats de transporteurs et des représentants des conducteurs de deux-roues avant plusieurs grands événements religieux. Il a pointé l'état de nombreux véhicules incapables de satisfaire au contrôle technique, dont le retrait améliorerait sensiblement la sécurité.
Le phénomène des motos « thiak-thiak », désormais présent à Dakar et dans les grandes villes, retient particulièrement son attention. S'il reconnaît que cette activité fait vivre de nombreux jeunes, il appelle à l'organiser : immatriculation des engins, port du casque, permis de conduire, respect des feux et des sens de circulation. Il plaide aussi pour le développement de transports modernes comme le TER et le BRT, et pour la revalorisation des métiers techniques, dans le bâtiment ou l'électricité, où les compétences qualifiées se font rares.
L'exemplarité comme pédagogie
Pour restaurer le respect de l'autorité publique, le ministre mise sur l'éducation, au sein de la famille, de l'école et des daaras. Mais la responsabilité incombe aussi aux détenteurs de l'autorité : « La meilleure pédagogie, comme disait l'autre, c'est l'exemplarité. » Selon lui, le respect ne peut s'imposer par la seule contrainte : il repose sur la cohérence entre ce que l'on exige des citoyens et le comportement de ceux qui exercent des responsabilités publiques.






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