Le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Abdourahmane Diouf, s’est exprimé ce jeudi sur les principales préoccupations qui secouent actuellement le secteur de l’énergie et des hydrocarbures. Face à la presse, le ministre a notamment abordé les récriminations liées au système Woyofal, les récentes coupures d’électricité ainsi que les difficultés rencontrées dans la transition vers une production davantage basée sur le gaz.
Concernant le Woyofal, Abdourahmane Diouf a reconnu l’existence d’incompréhensions chez certains usagers. Il a assuré que son département en a pleinement conscience et entend poursuivre, avec la Senelec, les efforts d’explication afin de permettre aux consommateurs de mieux comprendre le fonctionnement du système et les éléments qui déterminent leur consommation et leurs dépenses d’électricité.
« Nous sommes conscients du fait qu’il y a des incompréhensions », a-t-il déclaré, avant d’assurer que le ministère et la Senelec vont « continuer à faire le travail de pédagogie pour que les gens comprennent davantage ».
Le ministre est également revenu sur les importantes perturbations enregistrées au cours du mois de septembre, avec des coupures qui, selon lui, se sont étalées sur une période de 18 jours. Abdourahmane Diouf a expliqué cette situation par la combinaison de facteurs conjoncturels et de difficultés structurelles qui affectent encore le système électrique national.
Sur le plan conjoncturel, il a notamment évoqué des pannes sur certaines machines de production. « Nous avons eu des problèmes conjoncturels et structurels qui ont été à l’origine de la crise que nous avons vécue pendant 18 jours durant ce mois de septembre », a-t-il expliqué.
À ces incidents ponctuels s’ajoutent, selon le ministre, des contraintes plus profondes liées à la disponibilité des infrastructures nécessaires à l’exploitation du gaz destiné à la production d’électricité. Dans l’attente de ces installations, Senelec est contrainte de recourir davantage au gasoil, une source d’énergie dont le coût est plus élevé.
« Senelec dépense beaucoup d’argent en achetant du gasoil, qui est plus cher que le gaz attendu, parce que les infrastructures planifiées ne sont pas encore disponibles », a indiqué Abdourahmane Diouf. Il estime ainsi que l’une des principales difficultés actuelles réside dans le retard enregistré dans la mise à disposition des infrastructures devant permettre d’acheminer et d’utiliser le gaz pour la production électrique.
Le ministre veut toutefois se montrer rassurant sur l’évolution de la situation. Il assure que plusieurs chantiers sont actuellement suivis afin d’accélérer leur réalisation et permettre au secteur de bénéficier progressivement des nouvelles infrastructures énergétiques.
Parmi les projets cités figure notamment la centrale de Gandon, dont l’ouverture est annoncée pour 2027. Abdourahmane Diouf a également évoqué la centrale de West African Energy, qui connaît certains retards, mais pour laquelle les autorités travaillent, selon lui, à une mise en service d’ici au mois de novembre.
Le gouvernement mise également sur le développement du réseau gazier et la mise en place des infrastructures nécessaires à l’acheminement du gaz vers les unités de production. « Vous avez vu qu’on a mis en place les pipelines avec le réseau gazier. Donc, nous avons un ensemble de chantiers qui vont donner des résultats très structurels », a expliqué le ministre.
Pour Abdourahmane Diouf, la résolution durable des difficultés du secteur électrique passe donc par la réalisation de ces infrastructures et par la concrétisation de la stratégie de transition vers le gaz. L’objectif affiché est de réduire progressivement la dépendance au gasoil et de permettre à Senelec de disposer de sources de production plus adaptées et moins coûteuses.
Dans ce contexte, le ministre appelle les Sénégalais à faire preuve de patience face aux difficultés actuelles, qu’il présente comme les symptômes d’une période de transition entre l’ancien modèle énergétique et le nouveau dispositif en cours de construction.
« Ce que nous demandons aux Sénégalais, c’est de savoir que nous sommes en train de quitter un monde ancien, fait de difficultés, d’imprécisions, pour entrer dans un monde nouveau », a-t-il déclaré.






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