La grève générale de 72 heures déclenchée par le Front syndical pour la défense du travail (FSDT) se poursuit au Sénégal jusqu’au vendredi 23 octobre 2026. Au sein de la Société nationale d’électricité (Senelec), le Syndicat unique des travailleurs de l’électricité (Sutelec) affiche sa satisfaction au terme de la première journée de mobilisation. Son secrétaire général, Mouhamed Habib Aidara, revendique un taux de suivi de 91 % à l’échelle nationale et annonce le maintien du mot d’ordre avec la même détermination, malgré les mesures de réquisition prises par les autorités.
Le mouvement d’humeur semble avoir mobilisé une part importante des travailleurs de la Senelec. Selon Mouhamed Habib Aidara, dont les propos sont rapportés par le quotidien L’Observateur dans son édition de ce jeudi 22 octobre, le taux de participation enregistré lors de la première journée est largement satisfaisant pour les responsables syndicaux.
« À la Société nationale d’électricité (Senelec), le mot d’ordre a été largement suivi malgré les menaces, les intimidations et le harcèlement. En dehors des agents réquisitionnés, nous avons enregistré sur l’ensemble du territoire national un taux de suivi de 91 % », a déclaré le secrétaire général du Sutelec.
Cette appréciation positive intervient dans un contexte marqué par des tensions entre les organisations syndicales et les autorités administratives. À la veille du démarrage de la grève, le gouverneur de la région de Dakar, Ousmane Kane, a pris un arrêté portant réquisition d’agents de la Senelec pour la période du 21 au 23 octobre 2026. Cette mesure vise à garantir la continuité du service public de l’électricité pendant les trois jours de mobilisation.
Une décision que le responsable syndical conteste fermement. Mouhamed Habib Aidara reproche au gouverneur d’avoir « transgressé » les dispositions du Code du travail ainsi que le décret n° 017-1972, qu’il invoque pour soutenir que les emplois concernés par la réquisition sont précisément définis. Il cite notamment les activités liées à la production, au transport, à la distribution de l’électricité et au dépannage.
Malgré ces réserves, le Sutelec estime que la mobilisation a produit les résultats attendus. Pour ses responsables, le taux de suivi annoncé traduit l’adhésion des travailleurs aux revendications portées par le front syndical et témoigne de leur volonté de maintenir la pression sur les autorités.
Sur le plan du dialogue social, le syndicat affirme toutefois rester ouvert à des discussions avec sa tutelle. Mouhamed Habib Aidara indique qu’aucun contact n’a encore été établi avec les autorités compétentes, tout en réaffirmant la disponibilité de son organisation à échanger, à condition que les discussions se déroulent dans un climat de respect mutuel.
« Nous allons maintenir le mot d’ordre avec la même détermination, la même mobilisation et le même niveau d’engagement », a-t-il prévenu, avant de réaffirmer le slogan des travailleurs mobilisés : « Seule la lutte libère ! Unis, nous vaincrons. Le combat continue. »
Cette grève de 72 heures s’inscrit dans une contestation plus large menée par le Front syndical pour la défense du travail. Les organisations membres dénoncent notamment les retards dans la mise en œuvre des accords conclus avec l’État, ainsi que la détérioration du climat social dans un contexte économique marqué par la hausse du coût de la vie.
À travers cette mobilisation, les syndicats entendent obtenir des réponses concrètes à leurs revendications sociales, économiques et juridiques. Le maintien du mouvement jusqu’au 23 octobre constitue ainsi un nouveau test pour le dialogue entre le gouvernement et les partenaires sociaux, alors que les travailleurs réclament le respect des engagements pris et des avancées tangibles sur leurs préoccupations.






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