Le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Dr Abdourahmane Diouf, a apporté ce jeudi des précisions sur le protocole d’accord signé avec la compagnie italienne ENI, au centre de nombreuses interrogations ces derniers jours. Face à la presse, le ministre a notamment tenu à clarifier la nature exacte de cet accord et à démentir toute attribution de cinq blocs d’hydrocarbures à la société italienne.
Selon Abdourahmane Diouf, le Sénégal dispose actuellement de 109 blocs qui ont été mis sur le marché afin de susciter l’intérêt d’investisseurs et d’attirer de nouveaux partenaires dans le secteur des hydrocarbures. C’est dans ce contexte que son département a conclu, en marge du rendez-vous « Gaztech » organisé à Bangkok, un protocole d’accord avec ENI portant sur cinq blocs.
Le ministre a toutefois insisté sur une distinction qu’il juge essentielle. La signature de ce protocole ne signifie pas, selon lui, que ces cinq blocs ont été attribués à la compagnie italienne.
« Je dois préciser que nous n’avons pas donné les cinq blocs à ENI. On a signé un protocole d’accord pour qu’elle puisse faire des recherches techniques, scientifiques, pour voir si, par ailleurs, il pourrait y avoir un intérêt », a expliqué le ministre.
Abdourahmane Diouf assure que cette démarche s’inscrit dans une procédure encadrée et que les différentes étapes ont été conduites avec la rigueur nécessaire. Il affirme que le gouvernement a veillé à ce que le protocole ne soit pas assimilé à une décision d’attribution définitive de permis d’exploration ou d’exploitation.
Les cinq blocs concernés par le protocole d’accord sont précisément les blocs SN01M, SN02M, SN03M, SN07M et SN40M. Cette précision intervient alors qu’un débat s’est installé autour de la nature des zones concernées par l’accord, notamment à la suite des déclarations de l’ancien directeur général de Petrosen, Alioune Gueye.
Ce dernier avait notamment évoqué la possibilité que Yakaar-Teranga soit concerné par les blocs mis à la disposition d’ENI. Une interprétation que le ministre de l’Énergie et du Pétrole a catégoriquement écartée.
« ENI sait qu’on ne lui a pas donné Yakaar Teranga, le gouvernement du Sénégal sait qu’il n’a pas donné Yakaar Teranga », a martelé Abdourahmane Diouf, avant de renvoyer à l’arrêté pris par les autorités pour matérialiser la situation juridique du périmètre concerné.
Selon le ministre, cet arrêté précise que Yakaar-Teranga correspond au bloc SN08. Or, ce bloc ne figure pas parmi ceux concernés par le protocole conclu avec ENI et demeure, à ce stade, non attribué.
Cette clarification vise donc à dissiper toute confusion entre les cinq blocs faisant l’objet du protocole d’accord et le périmètre de Yakaar-Teranga, l’un des projets gaziers majeurs identifiés dans le bassin sénégalais.
Sur ce dossier précisément, le gouvernement entend suivre une démarche différente de celle appliquée aux autres blocs. Abdourahmane Diouf a indiqué qu’une nouvelle approche, qualifiée de « différente et novatrice », avait été mise en place pour Yakaar-Teranga.
Cette orientation a déjà été portée à la connaissance de la communauté internationale, selon le ministre. Elle commencerait à susciter des manifestations d’intérêt de la part d’acteurs du secteur. Le gouvernement sénégalais entend ainsi rechercher un partenaire disposant des capacités techniques, financières et opérationnelles particulièrement adaptées aux enjeux du projet.






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