Le Sénégal entend faire de ses ressources naturelles un levier durable de croissance économique, de création d’emplois et de développement des entreprises nationales. C’est le message porté par le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Abdourahmane Diouf, lors de la Conférence mondiale de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), tenue à Bruxelles.
Réunissant des représentants de différents pays et acteurs du secteur extractif autour du thème « Instaurer la confiance en période d’incertitude », cette rencontre a été l’occasion pour le ministre sénégalais de présenter les orientations retenues par les autorités en matière de gouvernance pétrolière, gazière et minière.
Dans une publication sur ses réseaux sociaux, Abdourahmane Diouf a détaillé trois priorités qui, selon lui, doivent guider l’action du Sénégal. La première consiste à transformer les ressources naturelles en un véritable moteur de croissance et de compétitivité. Cette ambition passe notamment par la valorisation du gaz naturel et le développement de chaînes de valeur capables de générer davantage de richesses et d’emplois sur le territoire national.
Pour le gouvernement, l’enjeu ne se limite donc pas à l’exploitation des ressources et à la commercialisation des hydrocarbures. Il s’agit également de favoriser les retombées économiques locales, en développant des activités connexes et en permettant à l’économie sénégalaise de tirer un bénéfice plus large de ses ressources naturelles.
La deuxième priorité concerne le contenu local. Le ministre a souligné la nécessité d’accorder une place plus importante aux entreprises, aux compétences et aux talents sénégalais dans les activités liées aux industries extractives. Cette orientation vise à renforcer la participation des acteurs nationaux à la chaîne de valeur et à favoriser les transferts de compétences, la création d’emplois et le développement du tissu économique local.
Le contenu local constitue ainsi un enjeu majeur pour que l’exploitation des ressources pétrolières et gazières puisse profiter davantage aux entreprises et aux travailleurs sénégalais. Sa mise en œuvre suppose notamment de renforcer les capacités des entreprises nationales et de leur permettre d’accéder aux opportunités offertes par le secteur.
La troisième priorité présentée par Abdourahmane Diouf porte sur la gestion des revenus issus des ressources naturelles. Le ministre a insisté sur la nécessité d’une gestion prudente, transparente et équitable des recettes générées par leur exploitation.
Cette exigence renvoie à la question de la traçabilité des revenus extractifs, de la qualité de leur gestion et de la capacité des pouvoirs publics à rendre compte de leur utilisation. Dans un contexte marqué par les attentes liées à l’exploitation des hydrocarbures, la transparence représente un élément essentiel pour renforcer la confiance entre l’État, les citoyens et les différents acteurs économiques.
Abdourahmane Diouf a également salué le rôle de l’ITIE, qu’il considère comme un cadre essentiel de transparence, de dialogue et de redevabilité. Cette initiative internationale vise notamment à améliorer la publication et la compréhension des informations relatives aux revenus et aux paiements dans les secteurs pétrolier, gazier et minier.
Le ministre a, dans ce contexte, rappelé que le Sénégal avait obtenu, en mars 2026, un score de 89 points dans le cadre de l’évaluation de sa mise en œuvre de la Norme ITIE. Il a présenté ce résultat comme un indicateur positif des efforts accomplis par le pays en matière de transparence dans les industries extractives.
Au-delà de cette performance, les orientations exposées à Bruxelles mettent en évidence les principaux défis auxquels le Sénégal est confronté : convertir ses ressources naturelles en richesses durables, accroître la participation des acteurs nationaux et garantir une gestion responsable des revenus générés.
La réalisation de ces objectifs dépendra notamment de la mise en œuvre effective des engagements annoncés, de la disponibilité d’informations accessibles au public et de la capacité des institutions à assurer un suivi rigoureux de l’exploitation des ressources naturelles.
À Bruxelles, le Sénégal a ainsi réaffirmé son ambition de faire de la transparence un pilier de sa politique extractive, tout en plaçant la croissance, l’emploi et la participation des entreprises nationales au cœur de sa stratégie de valorisation des ressources naturelles.






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