Le Cadre de concertation des producteurs agricoles (CCPA) veut franchir un nouveau cap dans son organisation. Réunis en assemblée générale extraordinaire à Kaolack, ses membres ont engagé une réflexion autour de la création d’une Fédération des sociétés coopératives, destinée à renforcer la cohésion et l’efficacité de l’organisation faîtière.
Cette initiative est présentée comme une étape importante dans l’évolution du CCPA. Selon son président, Hamidou Diop, la création d’une fédération répond à la nécessité, pour les organisations membres, de s’adapter aux nouvelles orientations réglementaires et de disposer d’un cadre de fonctionnement davantage harmonisé.
« Le monde bouge, les choses évoluent et nous voulons nous conformer aux nouvelles orientations des autorités », a-t-il expliqué, soulignant que plusieurs organisations affiliées au CCPA ont déjà franchi le pas en se constituant en sociétés coopératives.
Au-delà de la mise en conformité, le projet vise surtout à renforcer la cohérence dans le fonctionnement des organisations de producteurs. La future fédération devrait permettre de fédérer les initiatives existantes, de mutualiser les expériences et de mieux défendre les intérêts des producteurs.
Cette transformation intervient également dans un contexte marqué par les difficultés d’accès au financement. Pour Hamidou Diop, cette question demeure l’un des principaux défis auxquels sont confrontées les organisations paysannes. Il a toutefois salué l’appui de la Banque agricole (LBA) et de plusieurs partenaires, tout en estimant que les ressources mobilisées restent encore en deçà des besoins du monde rural.
Initialement centré sur la production et la commercialisation de l’arachide, le CCPA a progressivement élargi son champ d’intervention à d’autres spéculations, notamment le maïs et les grandes cultures. Cette diversification traduit, selon ses responsables, la volonté de mieux répondre aux réalités et aux besoins des producteurs.
Présent à l’assemblée générale, le directeur de l’Agence nationale de conseil agricole et rural (ANCAR) pour le bassin arachidier, Serigne Modou Mbaye, a insisté sur la vocation première d’une organisation faîtière : fournir des services efficaces à ses membres.
Il a réaffirmé la disponibilité de l’ANCAR à accompagner le CCPA dans son processus de transformation et salué les acquis enregistrés par l’organisation depuis sa création. Parmi ces réalisations, il a notamment cité la construction de son siège à Kaolack ainsi que la mise en place du « Fonds à l’attaque », un mécanisme de financement soutenu par des partenaires canadiens.
Ce fonds contribue notamment au financement d’initiatives communautaires et d’activités économiques portées par les jeunes, en collaboration avec les collectivités territoriales et les organisations de producteurs.
À travers la création envisagée de cette fédération, le CCPA entend ainsi consolider ses bases organisationnelles, renforcer les capacités de ses membres et mieux accompagner la transformation du secteur agricole. Une dynamique qui pourrait également constituer un levier pour améliorer l’accès des producteurs aux financements et aux services d’appui.
Mariama Massaly, correspondante à Kaolack






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