La Journée mondiale de la Poste, célébrée ce vendredi 9 octobre, a donné lieu au Sénégal à deux lectures opposées de la situation de l'entreprise publique. Dans un entretien accordé à l'APS, le directeur général, Maguette Kane, a indiqué que 290 agents volontaires ont quitté la société lors de la première phase d'un plan de départs négociés, pour lequel 360 candidats s'étaient manifestés. L'opération se serait déroulée, selon lui, dans un climat apaisé.
Ce plan s'inscrit dans le redressement décidé après le Conseil interministériel du 1er septembre 2025. Le diagnostic présenté alors faisait état d'effectifs passés d'environ 2 600 à plus de 4 100 agents entre 2012 et 2021, pendant que le chiffre d'affaires reculait de 26 %. La direction évoque une cible indicative d'environ 250 départs par an sur trois ans, en fonction des moyens financiers et des candidatures.
Toujours selon l'APS, M. Kane reconnaît des tensions sur certains comptes de clientèle, notamment les comptes chèques postaux et ceux de la Caisse nationale d'épargne, sans en préciser l'ampleur ni les conséquences pour les titulaires. Les pertes cumulées du groupe dépassaient 100 milliards de FCFA fin 2024 et le besoin de recapitalisation est évalué à 163 milliards, dont 14 milliards pour Postefinances, appelée à évoluer à terme vers une banque postale.
Côté travailleurs, le ton est tout autre. Selon Pressafrik, qui reprend la RFM, le syndicaliste El Hadji Diouf déclare que « les postiers sont déçus de ce gouvernement ». Il déplore la perte d'acquis sociaux et le retrait à La Poste du paiement des Bourses de sécurité familiale, et impute à l'État le déclin de l'entreprise. L'entretien du directeur général ne répond pas à ces critiques ; il y assure toutefois que le dialogue se poursuit avec les syndicats.






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