L’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP), en partenariat avec le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), a organisé mercredi 1er octobre à Dakar un atelier national consacré aux achats publics durables et circulaires dans le secteur du bâtiment. La rencontre marque une nouvelle étape dans les efforts visant à intégrer davantage les considérations environnementales, sociales et économiques dans les procédures de commande publique au Sénégal.
Réunissant des représentants des structures publiques, du secteur privé et de la société civile, l’atelier a porté sur les moyens de faire de la commande publique un véritable levier de transformation du secteur du bâtiment. L’objectif est notamment de promouvoir des ouvrages plus résilients, moins consommateurs de ressources et générant moins d’émissions, tout en prenant en compte les exigences sociales et économiques liées à leur réalisation.
Pour Diop Al Hassan, coordinateur des achats publics durables et des partenariats public-privé de l’ARCOP, la rencontre vise d’abord à renforcer les capacités des différents acteurs concernés par la passation et l’exécution des marchés publics. « L’objet de cet atelier, c’est un peu de former les acteurs de la commande publique, les structures publiques qui sont exposées à la passation des marchés publics, mais aussi le secteur privé et la société civile pour pouvoir adresser une question assez importante, c’est la question des achats publics durables », a-t-il expliqué.
Cette approche repose sur l’intégration de plusieurs dimensions dans les processus d’achat de l’État. Il s’agit notamment de prendre en compte les critères environnementaux, sociaux et économiques aussi bien dans la préparation des dossiers d’appel d’offres que dans l’analyse et l’évaluation des offres soumises par les entreprises.
Le secteur du bâtiment apparaît comme un domaine particulièrement stratégique pour engager cette transformation. Selon Diop Al Hassan, les données issues d’un rapport de l’ancienne ARMP montrent qu’entre 2017 et 2021, les marchés de travaux représentaient 76 % de la valeur des marchés de l’État. Une proportion qui, selon lui, témoigne du poids considérable du secteur des travaux dans la commande publique et de son potentiel pour accélérer le verdissement des dépenses publiques.
« De 2017 à 2021, 76 % des marchés de l’État sont constitués, en tout cas sur le plan en valeur, par les marchés de travaux », a-t-il indiqué. Pour le responsable de l’ARCOP, cette situation justifie de faire du bâtiment un secteur prioritaire avant d’étendre progressivement les principes des achats publics durables aux marchés de services et de fournitures.
Au-delà de la définition des principes, l’enjeu réside désormais dans leur application effective. Diop Al Hassan estime que le cadre réglementaire a déjà posé les bases nécessaires, mais que des efforts restent à consentir pour passer de la théorie à la pratique. « La réglementation a déjà calé les principes, l’application souffre », a-t-il constaté.
Dans cette perspective, l’ARCOP souhaite favoriser une collaboration plus régulière entre les différents acteurs concernés. La mise en place d’un dispositif permanent d’échange doit permettre de mieux accompagner les structures publiques, les entreprises et les autres parties prenantes dans l’intégration des critères de durabilité dans les marchés.
Les travaux engagés lors de cet atelier devraient également aboutir à la création d’un comité de pilotage. Celui-ci aura pour mission de travailler à l’élaboration d’une stratégie d’implémentation des achats publics durables et circulaires dans le secteur du bâtiment. À terme, cette démarche doit déboucher sur une feuille de route nationale permettant de structurer et de suivre les actions à mener.
La question du suivi et de l’évaluation occupe également une place importante dans cette stratégie. L’ARCOP entend notamment renforcer sa capacité à identifier les marchés publics ayant effectivement intégré des critères environnementaux, sociaux et économiques. « Il y a une possibilité de voir exactement quels sont les marchés qui ont vraiment pris en compte ces dimensions-là », a souligné Diop Al Hassan, insistant sur la nécessité de disposer de données fiables pour mesurer les progrès réalisés.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la coopération engagée entre le Sénégal et le PNUE depuis plusieurs années, notamment depuis 2021. Cette collaboration a déjà permis de développer différents outils consacrés aux achats publics durables, parmi lesquels des guides et un rapport de priorisation.






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