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Sport

Mort de Diego Maradona : jusqu’à 12 ans de prison requis contre son équipe soignante pour négligences médicales

L’accusation hausse le ton dans le procès sur la mort de Diego Maradona. Jeudi, le procureur Patricio Ferrari a requis des peines allant de 4 à 12 ans de prison contre six professionnels de santé impliqués dans la prise en charge de la légende du football argentin durant ses derniers jours.

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Mort de Diego Maradona : jusqu’à 12 ans de prison requis contre son équipe soignante pour négligences médicales

L’accusation hausse le ton dans le procès sur la mort de Diego Maradona. Jeudi, le procureur Patricio Ferrari a requis des peines allant de 4 à 12 ans de prison contre six professionnels de santé impliqués dans la prise en charge de la légende du football argentin durant ses derniers jours. Au terme d’un réquisitoire de plus de trois heures, il a dénoncé une « organisation chaotique » des soins, qui aurait laissé l’ancien joueur dans une situation d’abandon, livré à son sort alors que son état de santé nécessitait une surveillance rigoureuse.

Après six mois de débats judiciaires, les réquisitions marquent une étape importante dans cette affaire très suivie en Argentine. Les audiences consacrées aux réquisitions et aux plaidoiries ont débuté jeudi et devraient se poursuivre pendant environ deux semaines. Le tribunal rendra sa décision à une date ultérieure, après avoir examiné les arguments de l’accusation et de la défense.

Diego Maradona est décédé le 25 novembre 2020, à l’âge de 60 ans, dans une résidence louée pour sa convalescence, quelques semaines après une intervention neurochirurgicale considérée comme bénigne. L’ancienne star de Naples et de l’équipe nationale argentine a été retrouvée sans vie dans son lit. Le décès a été attribué à une crise cardiorespiratoire associée à un œdème pulmonaire.

Au cœur du procès se trouve la prise en charge médicale de l’ancien numéro 10 pendant cette période de convalescence à domicile. L’accusation cherche à établir si les professionnels chargés de son suivi ont fait preuve de négligence face à la dégradation de son état, alors que plusieurs signes auraient dû, selon elle, conduire à une réaction médicale appropriée.

Dans son réquisitoire, le procureur Patricio Ferrari a distingué deux groupes parmi les six professionnels poursuivis, en fonction du degré de responsabilité qu’il leur attribue dans la mort de Diego Maradona.

La peine la plus lourde, soit 12 ans de prison assortis d’une interdiction d’exercer la médecine pendant dix ans, a été requise contre Leopoldo Luque, le neurochirurgien de 44 ans qui était présenté comme le médecin de confiance de l’ancien footballeur. Selon l’accusation, il occupait une position centrale dans l’organisation des soins et disposait d’un rôle déterminant dans les décisions prises autour de la santé de Maradona.

Le procureur a également requis dix ans de prison contre Nancy Forlini, coordinatrice médicale du prestataire privé chargé des soins, ainsi qu’une interdiction d’exercer de même durée. Contre Agustina Cosachov, la psychiatre qui suivait l’ancien champion, huit ans de prison ont été demandés. Elle est, elle aussi, considérée par l’accusation comme l’une des personnes ayant joué un rôle décisionnel dans le dispositif médical entourant le patient.

Ces trois professionnels sont poursuivis pour homicide avec dol éventuel. Cette qualification juridique renvoie à une situation dans laquelle une personne aurait agi en ayant conscience du risque de mort et en acceptant la possibilité qu’il se réalise. Pour le ministère public, les soignants concernés auraient identifié les dangers auxquels était exposé Diego Maradona sans prendre les mesures nécessaires pour empêcher une issue fatale.

« L’absence de mesures correctives, après avoir anticipé le risque pour Maradona et l’avoir accepté avec indifférence », a notamment dénoncé Patricio Ferrari. Le procureur a ainsi voulu souligner ce qu’il considère comme une inaction persistante face aux alertes médicales.

Dans son argumentation, l’accusation a particulièrement insisté sur l’attitude de Leopoldo Luque. Selon le procureur, le médecin n’aurait pas réagi de manière appropriée aux signes préoccupants présentés par son patient, notamment des manifestations d’insuffisance cardiaque et des œdèmes.

« L’attitude de Luque a toujours été de ne rien faire », a affirmé Patricio Ferrari, mettant en cause l’absence de mesures correctives malgré les risques encourus par l’ancien joueur. Pour l’accusation, ces éléments illustrent les défaillances du suivi médical et la manière dont la situation de Maradona aurait été laissée sans réponse adaptée.

Les trois autres professionnels poursuivis font l’objet de réquisitions moins lourdes. Le procureur a retenu à leur encontre la qualification d’homicide involontaire et demandé des peines comprises entre quatre et cinq ans de prison. Cette distinction traduit la volonté de l’accusation de différencier les niveaux de responsabilité présumés au sein de l’équipe médicale.

L’enjeu du procès est désormais de déterminer si les manquements reprochés aux soignants ont contribué au décès de l’ancien champion et si leurs responsabilités pénales peuvent être établies. Les avocats de la défense doivent encore présenter leurs plaidoiries avant que les magistrats ne se prononcent.

Surnommé le « Pibe de oro », ou « gamin en or », Diego Maradona demeure l’une des figures les plus emblématiques de l’histoire du football. Champion du monde avec l’Argentine en 1986, il a marqué des générations de supporters par son talent exceptionnel, notamment lors de son passage au Napoli. Près de six ans après sa disparition, les circonstances de ses derniers jours continuent de susciter une forte émotion et de nourrir une bataille judiciaire dont l’issue est très attendue.


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