Guérir du noma ne suffit pas : encore faut-il retrouver une place parmi les siens. C'est le message porté à Dakar par des survivants de cette maladie qui ronge le visage, à l'occasion d'un atelier et d'une table ronde régionale organisés du 5 au 8 octobre par le ministère de la Santé et de l'Hygiène publique et l'association Elysium.
Leur demande tient en un mot : autonomie. Pour Aram Loum, elle-même survivante et aujourd'hui infirmière à l'hôpital Fann, la réinsertion serait bien plus simple si les anciens malades disposaient d'une activité leur assurant un revenu et cessaient de se sentir à la charge des autres. Elle a cité le cas d'une autre survivante, Awa, à qui l'ouverture d'une boutique a permis de nouer des liens et d'être associée à certaines décisions de son quartier.
Le noma est une infection gangreneuse de la bouche et du visage, d'évolution rapide, qui frappe surtout, selon l'Organisation mondiale de la santé, les enfants de 2 à 6 ans souffrant de malnutrition. Le directeur de la lutte contre la maladie, Mamadou Moustapha Diop, a rappelé qu'elle peut atteindre les tissus mous comme les os et qu'elle débute par une gingivite nécrosante. « Au Sénégal, plus de 100 cas ont été recensés depuis plus de 10 ans », a-t-il indiqué, en plaidant pour la poursuite de la prévention et de la sensibilisation.
Du côté d'Elysium, Claire Jantet a insisté sur une prise en charge globale, associant chirurgie, soutien psychologique et rééducation. Elle a rappelé que la maladie est mortelle dans près de 90 % des cas.






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