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ONU : malgré les revers, Diomaye Faye refuse d’enterrer la candidature de Macky Sall

Les résultats des derniers votes informels du Conseil de sécurité ne semblent pas entamer la confiance de Bassirou Diomaye Faye. Interrogé jeudi par France 24 et RFI à New York, le président sénégalais a défendu avec force la candidature de son prédécesseur Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU, estimant que « les jeux restent ouverts » et que l’ancien chef de l’État « garde toutes ses chances de succès ».

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ONU : malgré les revers, Diomaye Faye refuse d’enterrer la candidature de Macky Sall

Alors que la course à la succession d’António Guterres entre dans une phase décisive, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye continue d’afficher son soutien à la candidature de son prédécesseur Macky Sall. Dans un entretien accordé jeudi à France 24 et RFI, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, il a assuré que l’ancien chef de l’État sénégalais « garde toutes ses chances de succès », malgré des résultats jugés défavorables lors des consultations informelles du Conseil de sécurité.

Bassirou Diomaye Faye ne veut pas considérer la candidature de Macky Sall comme compromise. Interrogé sur les résultats des différents votes informels organisés par le Conseil de sécurité dans le cadre de la succession d’António Guterres, le chef de l’État sénégalais a rejeté les analyses pessimistes sur les perspectives de son prédécesseur.

« Je ne partage pas le pessimisme sur la candidature de l’ancien président du Sénégal, Monsieur Macky Sall. Tout au contraire, je pense qu’elle garde encore toutes ses chances de succès », a déclaré Bassirou Diomaye Faye au cours de cet entretien diffusé par France 24 et RFI.

Pour le président sénégalais, les résultats des « straw polls » organisés par le Conseil de sécurité ne permettent pas, à ce stade, de déterminer l’issue définitive de la compétition. Il rappelle que la décision finale dépendra notamment de l’attitude des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, à savoir les États-Unis, la Chine, la Russie, la France et le Royaume-Uni, qui disposent du droit de veto.

« En réalité, ceux qui sont ou celles qui sont considérés comme ayant des chances, ne le seront que lorsque les cinq membres permanents auront décidé que leur candidature passe », a-t-il expliqué, estimant que leurs positions définitives ne sont pas encore connues. « Les jeux restent ouverts », a-t-il insisté.

La position du président sénégalais intervient alors que les consultations informelles ont livré plusieurs signaux sur les rapports de force entre les différents candidats. Lors du troisième vote informel du 18 septembre, les résultats rapportés par des diplomates donnaient notamment Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica, en tête avec neuf votes favorables, devant Carolyn Rodrigues-Birkett, ambassadrice du Guyana, avec huit. Macky Sall avait obtenu cinq votes « encourage », contre neuf « discourage » et une absence d’opinion. Les résultats de ces consultations ne sont pas officiellement publiés par le Conseil de sécurité et restent confidentiels.

Ces résultats n’empêchent toutefois pas le président sénégalais de défendre la candidature de l’ancien chef de l’État. Bassirou Diomaye Faye a également insisté sur le profil de Macky Sall et sur son expérience politique et internationale, estimant que celle-ci pourrait constituer un atout dans la compétition pour diriger l’Organisation des Nations unies.

« L’Afrique est sous-représentée dans les instances de décisions de l’ONU », a-t-il rappelé, avant de poser la question : « Qui de mieux aujourd’hui pour défendre une meilleure place de l’Afrique que le président Macky Sall ? »

Le chef de l’État sénégalais a également mis en avant la question de la réforme de l’architecture financière internationale. Il considère que l’expérience de Macky Sall à la tête du Sénégal, notamment face aux contraintes liées à l’endettement et au financement du développement, pourrait lui permettre de porter certaines préoccupations des pays du Sud au niveau international.

« Qui de mieux pour défendre la réforme de l’architecture financière internationale que le président Macky Sall qui a subi les affres de la dette qui l’ont plombé par rapport aux ambitions qu’il a eues et qu’il partage avec beaucoup de pays ? », a poursuivi Bassirou Diomaye Faye.

Le président sénégalais a par ailleurs confirmé que Macky Sall mène actuellement des consultations diplomatiques auprès de plusieurs États membres de l’ONU dans le but de renforcer sa candidature. Le Sénégal a officiellement apporté son soutien à la candidature de l’ancien président en juillet 2026, après une rencontre entre les deux hommes au Palais de la République. Le gouvernement et le réseau diplomatique sénégalais avaient alors été invités à contribuer à la promotion de cette candidature.

Macky Sall, ancien président du Sénégal de 2012 à 2024 et ancien président en exercice de l’Union africaine en 2022, est le candidat africain engagé dans cette course. Sa candidature avait été présentée par le Burundi en mars 2026.

La compétition reste cependant ouverte. Le processus de sélection prévoit que le Conseil de sécurité recommande un candidat à l’Assemblée générale, qui procède ensuite à sa nomination. Le mandat d’António Guterres doit prendre fin le 31 décembre 2026. À ce stade, les consultations informelles ont permis aux membres du Conseil de sécurité de mesurer le niveau de soutien dont bénéficient les différents candidats, sans pour autant constituer une décision formelle.

Au Sénégal, le soutien de Bassirou Diomaye Faye à son prédécesseur continue par ailleurs de susciter des réactions critiques dans certains milieux politiques et parmi des familles de victimes des violences politiques de la période 2021-2024. Des détracteurs du chef de l’État qualifient ce soutien de « trahison » et estiment que les enjeux liés à la justice et à l’établissement des responsabilités doivent également être pris en compte dans la politique extérieure du Sénégal.

Ces critiques interviennent alors que des procédures judiciaires concernant les violences politiques de 2021 à 2024 ont été ouvertes. Elles ne remettent toutefois pas en cause, à elles seules, le processus diplomatique engagé autour de la candidature de Macky Sall, qui se poursuit parallèlement aux consultations du Conseil de sécurité.

À New York, Bassirou Diomaye Faye maintient donc une ligne claire : pour le chef de l’État sénégalais, les résultats des votes informels ne suffisent pas à fermer la porte à la candidature de Macky Sall. Il estime que la phase décisive sera celle des discussions entre les membres du Conseil de sécurité, en particulier les cinq puissances permanentes. « Les jeux restent ouverts », a-t-il ainsi résumé, alors que la bataille diplomatique pour la succession d’António Guterres se poursuit.

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