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Société

Parcelles Assainies : un projet de réhabilitation scolaire ravive les tensions entre Fifi Diakhaté et le maire Djamil Sané

La réhabilitation de plusieurs écoles élémentaires aux Parcelles Assainies, à Dakar, est au cœur d’un différend entre la ministre directrice de cabinet adjointe du président de la République, Fatou Kiné Diakhaté, dite « Fifi » Diakhaté, et le maire de la commune, Djamil Sané.

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Parcelles Assainies : un projet de réhabilitation scolaire ravive les tensions entre Fifi Diakhaté et le maire Djamil Sané

La réhabilitation de plusieurs écoles élémentaires aux Parcelles Assainies, à Dakar, est au cœur d’un différend entre la ministre directrice de cabinet adjointe du président de la République, Fatou Kiné Diakhaté, dite « Fifi » Diakhaté, et le maire de la commune, Djamil Sané. Au centre de la controverse, un projet de pavage des allées d’un établissement scolaire, qui aurait été lancé par la municipalité alors qu’une initiative similaire, portée par la ministre en partenariat avec le Port autonome de Dakar, était déjà en cours. Une situation dénoncée par le président de l’Union des comités de gestion des écoles, Amadou Thiam, qui y voit une forme de concurrence autour d’un chantier destiné à améliorer les conditions d’apprentissage des élèves.

Au-delà des travaux, cette affaire prend une dimension politique particulière. Fifi Diakhaté est une responsable politique de KIIRAAY-Les Patriotes Républicains, tandis que Djamil Sané évolue au sein de Pastef-Les Patriotes. Cette opposition de sensibilités politiques alimente les interrogations sur les motivations de cette intervention concurrente, dans un contexte où les prochaines élections locales commencent déjà à se profiler. Aux Parcelles Assainies, la question de la prise en charge des infrastructures scolaires semble ainsi se mêler aux enjeux de positionnement politique.

À l’origine de cette initiative, les difficultés rencontrées par les comités de gestion des écoles, confrontés à un manque de moyens pour assurer l’entretien et la réhabilitation des établissements. Selon Amadou Thiam, ces structures avaient sollicité, il y a quelques mois, l’appui de Fatou Kiné Diakhaté, responsable politique aux Parcelles Assainies. Sensible à leurs préoccupations, cette dernière aurait décidé de mettre en place un programme de réhabilitation et d’embellissement des écoles élémentaires de la commune.

La première phase de ce programme concerne dix établissements, dont l’école de l’Unité 16, connue pour son caractère inclusif et la présence d’élèves à mobilité réduite. Les interventions déjà réalisées portent notamment sur la réfection des portes et des fenêtres, la peinture des salles de classe ainsi que la rénovation des toilettes et des installations de plomberie. L’objectif affiché est d’offrir aux élèves et au personnel éducatif un environnement scolaire plus adapté, plus propre et plus accueillant.

Le projet prévoyait également le pavage de 472 mètres carrés d’allées au sein de l’établissement. Pour cette partie des travaux, un partenariat avait été noué avec le Port autonome de Dakar, dont une équipe avait été mobilisée sur le site afin de produire les pavés nécessaires à l’aménagement.

C’est précisément autour de cette étape que le différend aurait éclaté. D’après Amadou Thiam, le maire Djamil Sané se serait présenté sur les lieux la veille pour annoncer le lancement d’un projet municipal de pavage des allées de la même école. Une initiative qui aurait surpris le président de l’Union des comités de gestion, lequel affirme que les démarches administratives avaient pourtant été effectuées en amont.

Il soutient qu’une délégation agissant sur instruction de la ministre avait rencontré plusieurs autorités compétentes, notamment le sous-préfet, l’inspecteur de l’éducation et de la formation, ainsi que le maire lui-même. Au cours de cette dernière audience, le projet de réhabilitation aurait été présenté à l’édile. « Au sortir de cette audience, rien ne montrait qu’il allait nous retrouver sur le terrain pour faire obstacle », affirme Amadou Thiam.

L’entourage de Fatou Kiné Diakhaté confirme également que le maire avait été informé de la démarche. Cette version nourrit les critiques des responsables impliqués dans le programme, qui s’interrogent sur les raisons ayant conduit la municipalité à engager des travaux similaires au moment où ceux de la ministre étaient déjà en cours.

Au-delà de la question de la coexistence des deux initiatives, Amadou Thiam met en cause la nature des matériaux utilisés. Selon lui, les pavés produits dans le cadre du partenariat avec le Port autonome de Dakar présenteraient une qualité adaptée aux besoins de l’établissement, contrairement à ceux que la mairie aurait entrepris d’utiliser, qu’il décrit comme des pavés destinés à la voirie et inadaptés à un environnement scolaire.

Le président de l’Union des comités de gestion évoque ainsi un possible « détournement d’objectifs » et dénonce ce qu’il considère comme une tentative de « récupération » de l’initiative. Ces accusations traduisent le malaise suscité par cette intervention concurrente. Elles restent toutefois celles des responsables qui soutiennent le programme de réhabilitation, en l’absence, dans les éléments rapportés, d’une réponse du maire permettant d’éclairer sa position et les motivations de la municipalité.

Pour Amadou Thiam, cette situation renvoie également à la responsabilité des collectivités territoriales dans la gestion des infrastructures scolaires. Il rappelle que, depuis l’Acte 3 de la décentralisation, les collectivités disposent de compétences dans ce domaine. À ses yeux, les difficultés rencontrées par les établissements ont justement conduit les comités de gestion à rechercher des appuis extérieurs pour répondre aux besoins les plus urgents. Il estime que la municipalité a peut-être failli à sa mission, une appréciation qui explique, selon lui, la nécessité de mobiliser d’autres partenaires.

Malgré cette controverse, les initiateurs du programme entendent poursuivre leur démarche. Amadou Thiam rappelle que la commune compte 24 écoles et que les travaux engagés ne constituent que la première étape d’un projet plus vaste. Après les dix établissements retenus pour cette phase initiale, quatorze autres écoles restent à prendre en charge.

Le responsable de l’Union des comités de gestion appelle ainsi les autorités locales à concentrer leurs efforts sur les établissements qui nécessitent encore des travaux, plutôt que de laisser s’installer une concurrence autour des mêmes infrastructures. Il insiste sur la finalité sociale du programme, qu’il présente comme une réponse aux besoins exprimés par les communautés éducatives.

Dans cette affaire, la réhabilitation scolaire se retrouve donc au croisement de deux enjeux : l’amélioration des conditions d’apprentissage et la rivalité politique locale. Si les travaux répondent à des besoins concrets des établissements, leur conduite simultanée par des acteurs politiques différents soulève des interrogations sur la coordination des initiatives et la place accordée à l’intérêt des élèves.

Pour les responsables qui accompagnent le projet, l’ambition de Fatou Kiné Diakhaté demeure avant tout de contribuer à l’amélioration du cadre scolaire. Amadou Thiam résume cette volonté en affirmant que l’ambition de la ministre est « de servir », avant de conclure qu’il est « difficile de freiner une ambition ».


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