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PASEC 2024 : le Sénégal en tête en mathématiques, mais des défis persistent dans le système éducatif

Le Sénégal se distingue parmi les 16 pays évalués par le Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la CONFEMEN (PASEC 2024), en se hissant à la première place en mathématiques en fin de cycle primaire.

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PASEC 2024 : le Sénégal en tête en mathématiques, mais des défis persistent dans le système éducatif

Le Sénégal se distingue parmi les 16 pays évalués par le Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la CONFEMEN (PASEC 2024), en se hissant à la première place en mathématiques en fin de cycle primaire. Les résultats, issus de données collectées en 2025, mettent en évidence les performances des élèves sénégalais dans plusieurs disciplines, aussi bien au début de la scolarité qu’à la fin du primaire et au collège. Toutefois, derrière ces résultats encourageants, des insuffisances persistent, notamment en matière de maîtrise des compétences fondamentales et de réduction des inégalités scolaires.

En fin de primaire, les élèves sénégalais obtiennent un score moyen de 540,1 points en mathématiques, contre une moyenne de référence de 472,1 points pour l’ensemble des pays participants. Cette performance place le Sénégal au premier rang dans cette discipline et témoigne d’un niveau supérieur à la moyenne observée dans les systèmes éducatifs évalués.

En compréhension de l’écrit, les résultats sont également satisfaisants. Avec 543,8 points, le Sénégal décroche la deuxième meilleure performance, alors que la moyenne des pays participants s’établit à 496 points. Ces résultats traduisent des acquis appréciables chez les élèves sénégalais, même si une partie importante d’entre eux éprouve encore des difficultés à atteindre les niveaux de compétence attendus.

Les résultats du PASEC mettent également en évidence des acquis importants dès le début de l’enseignement primaire. À ce stade, les élèves sénégalais enregistrent un score de 596,2 points en langue et de 555,3 points en mathématiques. Ces données soulignent l’importance des apprentissages fondamentaux dans les premières années de scolarisation et la nécessité de consolider les compétences acquises à cette étape du parcours scolaire.

L’évaluation apporte également un éclairage sur la question de la langue d’enseignement. En deuxième année du primaire, les élèves évalués dans les langues nationales obtiennent 618,6 points en lecture, contre 577,6 points pour ceux évalués en français. La différence, estimée à 41 points, est statistiquement significative.

Ce résultat relance le débat sur la place des langues nationales dans les premiers apprentissages. Il fait notamment écho au Modèle harmonisé d’enseignement bilingue au Sénégal (MOHEBS), qui vise à mieux articuler les langues nationales et le français dans le processus d’acquisition des connaissances. Toutefois, cette différence de résultats ne permet pas, à elle seule, d’établir un lien de causalité entre la langue d’évaluation et le niveau de performance. D’autres facteurs liés aux conditions d’apprentissage et aux profils des élèves peuvent également intervenir.

Les performances sénégalaises ne se limitent pas au cycle primaire. Dans le cadre de la première évaluation PASEC consacrée à la fin du collège, les élèves obtiennent 552,9 points en lecture et 550,7 points en mathématiques. Dans les deux disciplines, les scores dépassent les moyennes de référence des pays participants.

Ces résultats témoignent d’acquis qui se maintiennent au-delà du primaire, mais ils doivent être appréciés à la lumière des difficultés persistantes dans la maîtrise des compétences de base. En effet, les performances moyennes, aussi encourageantes soient-elles, ne signifient pas que l’ensemble des élèves dispose du niveau requis pour poursuivre son parcours scolaire dans de bonnes conditions.

La qualité de l’enseignement constitue, à cet égard, un autre indicateur important. Les enseignants sénégalais figurent parmi les mieux classés dans les évaluations portant sur leurs compétences disciplinaires. Ils obtiennent 545,4 points en compréhension de l’écrit et 537,4 points en mathématiques.

Plus précisément, 73 % des enseignants évalués atteignent le niveau le plus élevé de compétence disciplinaire en lecture. En mathématiques, cette proportion s’établit à 44 %. Cet écart met en lumière la nécessité de renforcer davantage les capacités des enseignants dans cette dernière discipline, notamment à travers la formation continue, l’accompagnement pédagogique et l’amélioration des pratiques d’enseignement.

Malgré ces performances, le rapport souligne plusieurs fragilités du système éducatif sénégalais. En fin de primaire, 37,5 % des élèves n’atteignent pas le seuil de compétence attendu en lecture. En mathématiques, cette proportion atteint 40,4 %. Autrement dit, près de quatre élèves sur dix terminent le cycle primaire sans maîtriser suffisamment les compétences considérées comme essentielles dans ces disciplines.

La situation apparaît encore plus préoccupante au collège, où 60,9 % des élèves restent en dessous du seuil de compétence attendu en mathématiques. Ce constat révèle les difficultés rencontrées par une partie importante des apprenants dans l’acquisition et la consolidation des connaissances scientifiques.

Le PASEC relève également un recul des performances en fin de primaire entre 2019 et 2025. Cette évolution constitue un signal d’alerte, dans la mesure où elle interroge la capacité du système éducatif à maintenir durablement les acquis et à garantir une progression régulière du niveau des élèves.

Ces données invitent ainsi à dépasser la seule lecture des classements internationaux. Si le Sénégal se positionne favorablement par rapport aux autres pays évalués, les résultats montrent aussi qu’une proportion importante d’élèves demeure en difficulté. L’enjeu consiste désormais à transformer les performances moyennes en progrès généralisés, afin que les meilleurs résultats profitent à l’ensemble des enfants, indépendamment de leur milieu social ou de leurs conditions de scolarisation.

Ces conclusions interviennent dans un contexte marqué par la volonté du ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, d’engager une refondation du système éducatif sénégalais. Cette démarche s’articule autour de trois principes directeurs : l’Exigence, la Science et l’Écoute.

Dans cette perspective, les résultats du PASEC constituent un outil d’aide à la décision pour orienter les politiques éducatives et identifier les domaines nécessitant des interventions prioritaires. Ils peuvent notamment contribuer à la révision des programmes scolaires, au renforcement de la formation des enseignants et à la promotion des sciences et des mathématiques dès les premières années d’apprentissage.

L’amélioration de la maîtrise de la lecture, le renforcement des compétences scientifiques et l’intégration réfléchie des langues nationales figurent également parmi les pistes que ces résultats invitent à approfondir. La réduction des inégalités entre les élèves et l’amélioration de la qualité de l’enseignement restent, par ailleurs, des conditions essentielles pour consolider les acquis enregistrés.

Au-delà des performances et des difficultés identifiées, le défi pour les autorités éducatives consiste à inscrire les réformes dans la durée, en s’appuyant sur des données fiables et sur une évaluation régulière des politiques mises en œuvre. L’objectif est de construire un système éducatif plus performant, plus inclusif et mieux adapté aux besoins du pays, conformément aux ambitions de la Vision Sénégal 2050.


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