Human Rights Watch (HRW) a publié ce lundi 12 octobre un rapport consacré à la situation des personnes LGBT au Sénégal. Rendu public à l'ouverture, à Dakar, de la 89e session ordinaire de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples, le document dénonce une répression qu'il juge croissante.
Arrestations et dépistages forcés
Selon l'ONG, les autorités procèdent à des arrestations massives, imposent des tests de dépistage du VIH et restreignent l'accès des personnes arrêtées à une défense. HRW estime que ce climat pousse les personnes concernées à se cacher et à éviter le dépistage et les traitements contre le VIH, tandis que des avocats hésiteraient à les défendre.
Le rapport s'appuie sur des entretiens menés en mai 2026 avec 39 personnes, dont cinq personnes détenues entre fin 2025 et début 2026, des membres de la communauté LGBT, des avocats, des professionnels de santé, des journalistes, des acteurs de la société civile et deux représentants du gouvernement.
Une loi durcie en mars
Ces constats interviennent après l'adoption à une large majorité par l'Assemblée nationale, puis la promulgation le 30 mars 2026 par le président Bassirou Diomaye Faye, d'une loi qui double les peines prévues pour les actes qualifiés de « contre nature », portées de 5 à 10 ans de prison, et alourdit les amendes. Le texte punit en outre de 3 à 7 ans d'emprisonnement la « promotion » ou le financement des droits LGBT.
HRW affirme avoir sollicité le ministre concerné et les forces de l'ordre au sujet des détentions qu'elle juge arbitraires, sans obtenir de réponse. Aucune réaction officielle des autorités sénégalaises n'avait été rendue publique au moment de la publication du rapport.






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