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Economie

Recettes : des impôts qui stagnent, et deux versions des chiffres

L’exposé des motifs annonce des recettes fiscales en hausse de 113,1 milliards. L’annexe I du même projet de loi affiche au contraire un recul de 30,8 milliards. Dans les deux cas, l’impôt ne finance pas l’effort de 2027.

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Recettes : des impôts qui stagnent, et deux versions des chiffres

Les recettes fiscales sont arrêtées à 5 044,6 milliards FCFA. Selon l’exposé général, elles progressent de 2,3 % par rapport à 2026. Mais l’annexe I, qui détaille les recettes ligne par ligne, part d’une base 2026 de 5 075,4 milliards. Elle conclut à une baisse de 0,6 %. L’écart tient à un classement différent de près de 144 milliards entre recettes fiscales et non fiscales pour 2026. Le texte ne l’explique pas.

Pourquoi cet écart importe-t-il ? Selon la version retenue, l’évolution des impôts passe d’une hausse modérée à une légère baisse. Or la capacité de l’État à collecter davantage d’impôts est l’un des principaux engagements pris auprès des bailleurs. Les députés pourront demander au gouvernement laquelle des deux bases fait foi.

Les impôts directs montent, les indirects chutent

D’après l’annexe I :

Poste2026 ajustéPLFI 2027Variation
Impôts sur les salaires837,0904,5+8,1 %
Impôts sur les revenus et bénéfices854,0892,1+4,5 %
Autres impôts directs143,8217,6+51,3 %
Taxes intérieures sur biens et services1 987,92 045,9+2,9 %
Droits et taxes à l’importation619,5603,1−2,7 %
Droits d’enregistrement215,6190,0−11,9 %
Autres recettes fiscales340,0123,0−63,8 %
Revenus de l’entreprise et du domaine119,5260,8+118,2 %

En milliards FCFA.

Les salariés paieront davantage : +67,5 milliards d’impôts sur les salaires. La forte hausse des « autres impôts directs » coïncide avec la Contribution de solidarité économique (CSE). Créée en 2026 et assise sur le chiffre d’affaires, elle remplace la taxe sur les transactions de monnaie électronique. Le texte ne précise pas son rendement attendu.

Le plan Jubbanti Koom à la peine

Les mesures du Plan de redressement économique et social (PRES) doivent apporter 221,9 milliards de recettes fiscales et 93,1 milliards de recettes non fiscales en 2027. En 2026, elles n’avaient rapporté que 172,5 milliards sur 303,3 attendus à fin août. Le pétrole et le gaz fourniront 218,2 milliards de recettes fiscales.

Les nouveaux outils

Le gouvernement mise sur :

  • la réforme de la fiscalité foncière et immobilière ;
  • l’audit des grands contribuables ;
  • la taxation des services numériques étrangers ;
  • la réduction ciblée des exonérations ;
  • l’enregistrement des téléphones par leur numéro IMEI, contre la fraude ;
  • le marquage fiscal, en vigueur en 2027, sur cinq produits : boissons sucrées, alcools, tabac, cigarettes et eaux en bouteille ou en sachet.

Une nouvelle Stratégie de recettes à moyen terme sera adoptée au plus tard en octobre 2027. La pression fiscale est attendue à 17,5 % du PIB.

Fiscal, non fiscal, direct, indirect : les mots pour comprendre

Les recettes fiscales sont les impôts et taxes. Les recettes non fiscales regroupent les autres revenus de l’État : dividendes versés par les entreprises publiques, redevances, revenus du domaine public, amendes ou frais administratifs.

Les impôts directs sont payés directement par celui qui les doit : impôt sur le revenu, impôt sur les sociétés, impôt retenu sur les salaires, impôts sur le patrimoine. Les impôts indirects sont inclus dans le prix des biens et services et payés par le consommateur final : TVA, droits de douane, taxes spécifiques sur certains produits.

La pression fiscale, un indicateur clé

La pression fiscale rapporte les recettes fiscales à la richesse produite dans le pays (le PIB). À 17,5 % en 2027, elle reste inférieure au seuil de 20 % fixé comme objectif par les pays de l’UEMOA. Chaque point de pression fiscale supplémentaire représenterait environ 288 milliards FCFA de recettes, sur la base du PIB prévu.

Marquage fiscal, IMEI, exonérations : comment fonctionnent les nouveaux outils

Le marquage fiscal consiste à apposer sur chaque produit un signe d’authentification sécurisé, qui permet à l’administration de suivre les quantités produites ou importées. Il sert à lutter contre la contrebande, la contrefaçon et la sous-déclaration des volumes.

L’IMEI est le numéro d’identification unique de chaque téléphone mobile. Son enregistrement doit permettre de repérer les appareils importés sans payer les droits et taxes dus.

Les exonérations sont des dispenses d’impôt accordées à certaines entreprises ou activités, par exemple pour attirer des investissements. Elles représentent un manque à gagner pour l’État. Le gouvernement veut les réduire de façon ciblée.

Qu’est-ce que le plan Jubbanti Koom ?

Le Plan de redressement économique et social, appelé « Jubbanti Koom » (« redresser l’économie » en wolof), regroupe les mesures du gouvernement pour accroître les recettes et assainir les finances publiques. Son faible rendement en 2026 explique la prudence des prévisions pour 2027.

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