Le constat est sévère. Dans son rapport consacré à la traite des personnes, le Département d'État américain met en lumière plusieurs formes d'exploitation au Sénégal et souligne les liens entre traite, travail forcé et exploitation sexuelle, rapporte Seneweb.
Des enfants particulièrement exposés
Le document relève que certains trafiquants détournent la pratique traditionnelle du « confiage », qui consiste à confier un enfant à des proches pour lui offrir de meilleures chances d'éducation, afin de recruter des victimes ensuite exploitées dans le travail forcé et la prostitution. Il signale aussi des cas d'enseignants de lycée qui exploiteraient sexuellement des élèves en échange d'argent, de biens ou de bonnes notes.
Le rapport évoque en outre l'exploitation sexuelle d'enfants par certains touristes, notamment à Dakar et à Saint-Louis, et dans une moindre mesure au Cap Skirring et sur la Petite Côte. Des enfants sont également exploités dans la servitude domestique et l'orpaillage, tandis que ceux qui travaillent dans la pêche, le commerce ambulant ou l'agriculture restent vulnérables.
Kédougou, zone particulièrement préoccupante
Dans les zones aurifères de Kédougou, des femmes et des filles, parfois âgées de seulement 12 ans, seraient victimes de trafic sexuel. La plupart sont originaires du Nigeria, mais des Sénégalaises et des ressortissantes de plusieurs pays de la sous-région sont aussi concernées. Le rapport décrit des réseaux qui recrutent sous prétexte d'emploi, confisquent les papiers d'identité et réclament des frais de voyage de 1,7 à 2,3 millions de FCFA, maintenant les victimes dans la servitude pour dettes. À Mbour, l'essor du tourisme se serait accompagné d'une hausse de la mendicité infantile et du trafic sexuel.
Pêche, frontières et migration
Le document mentionne par ailleurs des risques de travail forcé à bord de certains navires de pêche étrangers battant pavillon sénégalais, des salons de massage présentant des indicateurs de prostitution, ainsi que la situation de travailleurs nord-coréens susceptibles d'être soumis à des conditions abusives. Il souligne enfin que l'insécurité au Sahel et la porosité des frontières facilitent l'action des trafiquants, et que les candidats à l'émigration vers l'Europe ou le Moyen-Orient sont exposés à la traite, au travail forcé et même à l'exploitation dans des escroqueries en ligne.
Ces conclusions relèvent de l'évaluation du Département d'État américain ; les autorités sénégalaises n'avaient pas réagi publiquement au moment de la publication.






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