Le Sénégal entend accélérer sa transition énergétique en portant à 40 % la part des énergies renouvelables dans sa capacité électrique installée à l’horizon 2030. Au-delà de cet objectif, les autorités affichent leur volonté de promouvoir une transition juste, capable de concilier les impératifs environnementaux avec les exigences économiques et sociales. Dans la région de Kolda, où les difficultés d’accès à l’électricité et la pauvreté demeurent préoccupantes, cette ambition soulève des attentes importantes.
C’est dans cette perspective qu’un comité régional de développement (CRD) consacré à la vulgarisation du partenariat pour une transition énergétique juste (JETP) s’est tenu vendredi 16 octobre 2026 à Kolda. La rencontre, animée par une mission du ministère de l’Énergie et du Pétrole, a réuni les acteurs territoriaux autour des enjeux, des perspectives et des conditions de mise en œuvre de cette initiative.
Les échanges ont notamment permis de faire le point sur la situation énergétique du pays, avec un accent particulier sur le développement des énergies propres. Ils ont également constitué un cadre de concertation pour recueillir les préoccupations des acteurs de la région et identifier les priorités locales susceptibles d’être prises en compte dans le processus de transition.
Dans le Fouladou, les indicateurs présentés au cours de la rencontre mettent en évidence l’ampleur des défis à relever. Selon le directeur de l’Agence régionale de développement (ARD), le taux de couverture énergétique de la région de Kolda est estimé à seulement 11,7 %. Parallèlement, le taux de pauvreté atteint 62,5 %, illustrant la vulnérabilité économique d’une partie importante de la population.
Ces chiffres soulignent la nécessité de développer des solutions énergétiques adaptées aux réalités locales. Pour de nombreuses communautés, l’accès à une électricité fiable et abordable constitue un enjeu majeur, aussi bien pour l’amélioration des conditions de vie que pour le développement des activités économiques. L’électrification des zones insuffisamment desservies pourrait notamment contribuer à soutenir les activités agricoles, artisanales et commerciales, tout en facilitant l’accès aux services sociaux de base.
À ces difficultés s’ajoute la pression croissante exercée sur les ressources naturelles. La biomasse, qui représente encore une source essentielle d’énergie pour de nombreux ménages, subit une dégradation préoccupante. D’après les données communiquées par le directeur de l’ARD, cette ressource a enregistré une réduction de 56 % en l’espace de quatorze ans.
Cette évolution met en lumière les conséquences possibles d’une dépendance persistante aux ressources ligneuses pour satisfaire les besoins énergétiques des populations. Elle renforce également l’urgence de promouvoir des alternatives durables, capables de réduire la pression sur les écosystèmes tout en garantissant aux ménages un accès à des sources d’énergie adaptées à leurs moyens.
Le partenariat pour une transition énergétique juste apparaît ainsi comme une opportunité pour répondre simultanément aux défis de l’accès à l’électricité, de la lutte contre la pauvreté et de la préservation de l’environnement. Les acteurs territoriaux espèrent que cette initiative permettra de mobiliser des investissements en faveur des énergies renouvelables et d’accélérer la mise en place de solutions concrètes au bénéfice des populations les plus éloignées des réseaux électriques.
La gouverneure de la région de Kolda a, pour sa part, appelé à une mobilisation générale des forces vives du territoire afin de favoriser la réussite du projet dans le Fouladou. Elle a mis en avant le potentiel de la région en matière d’énergies propres, estimant que ces ressources pourraient être davantage valorisées au service du développement économique et social.
La concrétisation de cette ambition nécessitera toutefois une coordination étroite entre les collectivités territoriales, les services techniques de l’État, les acteurs économiques et les communautés locales. Leur participation sera déterminante pour identifier les besoins prioritaires, définir des solutions adaptées aux spécificités de chaque territoire et garantir une meilleure appropriation des projets par les populations.
Au-delà des objectifs nationaux annoncés pour 2030, l’enjeu pour Kolda sera donc de transformer les ambitions de la transition énergétique en résultats mesurables sur le terrain. L’amélioration de la couverture électrique, la réduction des inégalités d’accès à l’énergie et la protection des ressources naturelles constituent autant de défis auxquels le partenariat pour une transition énergétique juste devra apporter des réponses concrètes.






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