Flash info
Mohamed Gueye fustige la position du Président de l'Assemblée nationaleTravail domestique en Afrique de l’Ouest : l’OIT appelle à renforcer la protection des travailleursCentrafrique : malgré les progrès sécuritaires, la Minusca appelée à maintenir ses effectifsANPS Awards 2025-2026 : Ismaïla Sarr sacré meilleur footballeur sénégalais à l’étranger, Saly Sarr à l’honneurAffaire foncière du tribunal de Pikine-Guédiawaye : la Cour suprême ordonne la libération provisoire de Mamadou GuèyeNécrologie : le général Abdoulaye Diop, ancien directeur de la Sécurité publique, est décédéAssemblée nationale : la réunion sur la loi de finances rectificative reportée au vendredi 23 octobreGrève de 72 heures à la Senelec : le Sutelec revendique 91 % de suivi et maintient la pressionArmées sénégalaises : le colonel Mouhamadou Abdoulaye Sylla prend officiellement le commandement de la zone militaire n°7Parti socialiste : Aminata Mbengue Ndiaye assignée en justice pour son intérim à la tête du partiPORTRAIT – GRAND YOFF : ADJARATOU FATOU DIA DIOP, UNE FIGURE DE TERRAIN DU PARTI KIIRAYDiplomatie religieuse : à Jakarta, Cheikh Baba Diallo plaide pour un partenariat renforcé entre le Sénégal et l’Indonésie au service de la paixOIF : l’entourage de Macky Sall dément toute ambition de l’ancien présidentLFR 2026 : Doudou Ka appelle Diomaye Faye à bâtir une « majorité parlementaire alternative »Le Dakarois Quotidien N°853 – 22/10/2026Mohamed Gueye fustige la position du Président de l'Assemblée nationaleTravail domestique en Afrique de l’Ouest : l’OIT appelle à renforcer la protection des travailleursCentrafrique : malgré les progrès sécuritaires, la Minusca appelée à maintenir ses effectifsANPS Awards 2025-2026 : Ismaïla Sarr sacré meilleur footballeur sénégalais à l’étranger, Saly Sarr à l’honneurAffaire foncière du tribunal de Pikine-Guédiawaye : la Cour suprême ordonne la libération provisoire de Mamadou GuèyeNécrologie : le général Abdoulaye Diop, ancien directeur de la Sécurité publique, est décédéAssemblée nationale : la réunion sur la loi de finances rectificative reportée au vendredi 23 octobreGrève de 72 heures à la Senelec : le Sutelec revendique 91 % de suivi et maintient la pressionArmées sénégalaises : le colonel Mouhamadou Abdoulaye Sylla prend officiellement le commandement de la zone militaire n°7Parti socialiste : Aminata Mbengue Ndiaye assignée en justice pour son intérim à la tête du partiPORTRAIT – GRAND YOFF : ADJARATOU FATOU DIA DIOP, UNE FIGURE DE TERRAIN DU PARTI KIIRAYDiplomatie religieuse : à Jakarta, Cheikh Baba Diallo plaide pour un partenariat renforcé entre le Sénégal et l’Indonésie au service de la paixOIF : l’entourage de Macky Sall dément toute ambition de l’ancien présidentLFR 2026 : Doudou Ka appelle Diomaye Faye à bâtir une « majorité parlementaire alternative »Le Dakarois Quotidien N°853 – 22/10/2026
Politique

Travail domestique en Afrique de l’Ouest : l’OIT appelle à renforcer la protection des travailleurs

Le travail domestique demeure un secteur essentiel à l’économie et à l’équilibre social, mais ses acteurs continuent de souffrir d’un manque de reconnaissance et de protection.

🎧 Écouter l’article 0:00 / 0:00
0 écoute
Travail domestique en Afrique de l’Ouest : l’OIT appelle à renforcer la protection des travailleurs

Le travail domestique demeure un secteur essentiel à l’économie et à l’équilibre social, mais ses acteurs continuent de souffrir d’un manque de reconnaissance et de protection. C’est le constat dressé par Ndeye Coumba Diop, directrice du bureau de l’Organisation internationale du travail (OIT) pour la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Togo, à l’issue d’un forum sous-régional de trois jours organisé à Dakar. La rencontre a réuni des délégations tripartites de plusieurs pays africains, quinze ans après l’adoption de la Convention n° 189 de l’OIT relative aux travailleuses et travailleurs domestiques.


Au terme des échanges, les participants ont réaffirmé la nécessité de faire du travail domestique un véritable emploi, bénéficiant des mêmes exigences de dignité, de reconnaissance et de protection que les autres professions. Deux documents majeurs ont été adoptés : la Déclaration de Dakar, qui traduit l’engagement des délégations en faveur de la promotion du travail décent dans ce secteur, et une feuille de route commune élaborée avec la société civile, destinée à définir des actions concrètes pour améliorer les conditions de travail des personnes concernées.


Malgré les avancées enregistrées dans plusieurs pays de la région, des insuffisances importantes persistent. Les participants ont notamment relevé que seuls deux pays d’Afrique de l’Ouest ont ratifié la Convention n° 189, alors même que la plupart des États disposent désormais de législations visant à renforcer les droits des travailleurs domestiques. Pour Ndeye Coumba Diop, l’enjeu ne se limite donc pas à l’adoption des textes internationaux, mais concerne également leur application effective et l’élargissement de la protection à l’ensemble des travailleurs concernés.


« Il ne s’agit pas seulement de ratifier, il s’agit aussi d’étendre », a-t-elle insisté, soulignant la nécessité de dépasser les engagements formels pour apporter des réponses concrètes aux difficultés rencontrées sur le terrain.


Au cœur des discussions figure la situation des travailleurs domestiques, souvent qualifiés d’« invisibles » en raison de la nature de leurs activités, généralement exercées au sein des ménages et dans un cadre où les relations professionnelles restent peu formalisées. Pour la responsable de l’OIT, ces travailleurs doivent être reconnus comme des professionnels à part entière, dont les droits doivent être garantis et les compétences valorisées.


Cette reconnaissance passe notamment par l’extension de la protection sociale aux travailleurs de l’économie informelle, mais aussi par une meilleure organisation collective. La création ou le renforcement de syndicats et d’associations professionnelles pourrait permettre aux travailleurs domestiques de mieux défendre leurs intérêts, de faire entendre leurs revendications et de participer davantage au dialogue social.


La question du contrôle des conditions de travail a également occupé une place importante dans les échanges. Les participants ont évoqué la nécessité de mettre en place de nouvelles méthodes permettant aux inspecteurs du travail d’intervenir dans les ménages lorsque des violations graves sont constatées. Une démarche qui pose des défis particuliers, compte tenu du caractère privé du domicile et des difficultés liées à la détection des abus.


La formation professionnelle constitue un autre levier essentiel pour améliorer les conditions d’exercice de ces métiers. Selon Ndeye Coumba Diop, la reconnaissance des compétences acquises et l’accès à des certifications peuvent contribuer à renforcer la position des travailleurs dans les négociations avec leurs employeurs, notamment en matière de rémunération.


« Le certificat te permet d’avoir le salaire minimum, de négocier », a-t-elle expliqué, tout en déplorant le nombre encore très limité d’établissements de formation professionnelle spécialisés dans les métiers domestiques.


L’enjeu est donc de structurer davantage le secteur, de professionnaliser les activités et de donner aux travailleurs les moyens de faire valoir leurs droits. La formation ne doit pas seulement permettre d’acquérir des compétences techniques, mais aussi favoriser une meilleure reconnaissance de ces métiers sur le marché du travail.


Au-delà des questions de droits et de conditions de travail, le forum de Dakar a également mis en évidence l’importance économique et sociale du travail domestique en Afrique de l’Ouest. Ce secteur représente une source importante d’emplois pour les jeunes et contribue à faciliter la participation des femmes au marché du travail, en leur permettant notamment de concilier plus facilement leurs responsabilités professionnelles et familiales.


Pour Ndeye Coumba Diop, le travail domestique ne doit pas être considéré comme une activité marginale ou comme un service auquel il faudrait apporter un soutien par compassion. Il s’agit, au contraire, d’un secteur indispensable au fonctionnement de la société et de l’économie.


La responsable de l’OIT a ainsi plaidé pour un changement de regard sur ces professions, dont l’importance reste souvent sous-estimée malgré leur contribution quotidienne au bien-être des ménages et au maintien de nombreuses activités économiques.


La reconnaissance de leur valeur suppose, selon cette approche, de garantir des rémunérations décentes, une protection sociale adaptée, des possibilités de formation et des mécanismes efficaces de défense des droits. Elle implique également de lutter contre les pratiques qui entretiennent la précarité et empêchent les travailleurs domestiques de bénéficier pleinement des garanties prévues par les législations nationales.


Les conclusions du forum sous-régional serviront de base à la position commune de l’Afrique de l’Ouest lors du forum mondial consacré à la Convention n° 189, prévu en novembre. Cette échéance doit permettre de porter les préoccupations de la région au niveau international et de promouvoir des engagements plus ambitieux en faveur du travail décent dans le secteur domestique.


Afin d’assurer le suivi des décisions prises à Dakar, les mandants ont convenu, avec l’appui technique de l’OIT, de se retrouver tous les trois mois. Ces rencontres périodiques devront permettre d’évaluer les progrès réalisés, d’identifier les obstacles persistants et de maintenir la dynamique engagée entre les gouvernements, les organisations d’employeurs, les syndicats et les acteurs de la société civile.


Un autre rendez-vous est fixé à l’horizon 2031, soit vingt ans après l’adoption de la Convention n° 189. Cette échéance permettra de mesurer le chemin parcouru et d’évaluer la place réellement accordée aux travailleuses et travailleurs domestiques dans les politiques publiques et dans la société.


Commentaires (0)

Soyez le premier à commenter cet article.