Il ne peut pas le faire. L’article 68 de la Constitution prévoit un délai de 60 jours pour l’examen et le vote du budget par les députés. Au-delà de ce délai, le président de la République peut mettre en application les dispositions prévues par la Constitution, notamment par décret, dans les conditions qu’elle fixe.
Pourquoi vouloir bloquer la loi de finances rectificative pour ensuite en faire porter les conséquences au président de la République, Bassirou Diomaye Faye ?
Je pose cette question en tant qu’ancien militant de PASTEF. En 2022, à une époque où peu de personnes osaient quitter ce parti, j’ai eu le courage de le faire pour des raisons personnelles, après avoir suivi Ousmane Sonko avec prudence et lucidité. On nous a toujours appris qu’il ne faut jamais suivre un homme jusqu’au fanatisme, au point de vouloir l’imiter en tout.
À l’époque déjà, j’avais des réserves sur les motivations d’Ousmane Sonko et sur sa conception de l’engagement politique. Les événements de 2026 confortent, à mes yeux, mes appréhensions. Aujourd’hui, il envisage de bloquer la loi de finances rectificative.
Je lui dis simplement : qu’il applique ses propres déclarations. « Gor ca wax ja » : l’homme se définit par sa parole.
La souffrance des populations semble passer au second plan dans cette confrontation politique. Ousmane Sonko doit comprendre que de nombreux Sénégalais ont pris leurs distances avec lui. Ceux qui continuent de le soutenir le font parfois pour défendre des intérêts particuliers. Or, le véritable patriote est celui qui place l’intérêt supérieur de son pays au-dessus de toute considération personnelle ou partisane, en toutes circonstances.
Concernant son appel à un débat avec Ahmadou Al Aminou Lô, j’y vois une nouvelle démarche populiste. Après avoir, selon moi, contribué à fragiliser nos institutions, il se montre absent lorsqu’il s’agit de privilégier un véritable débat d’idées, préférant parfois la confrontation et la provocation.
Notre gouvernement a d’autres préoccupations et d’autres priorités que ces mises en scène politiques. Les Sénégalais attendent des réponses concrètes à leurs difficultés quotidiennes, et non une succession de bras de fer entre responsables politiques.
Qu’il arrête de fragiliser nos institutions.
Qu’il cesse de transformer chaque désaccord politique en un affrontement permanent.
Le Sénégal mérite mieux que ce théâtre politique qui risque de détourner les dirigeants de l’essentiel : la satisfaction des besoins des populations et la défense de l’intérêt général.






Commentaires (0)
Soyez le premier à commenter cet article.