Le Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a adopté plusieurs textes et décisions à l’issue de sa troisième session ordinaire de l’année 2026, tenue ce vendredi au siège de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Les travaux, présidés par le ministre burkinabè de l’Économie, des Finances et de la Prospective, Aboubacar Nacanabo, ont porté sur plusieurs dossiers liés au fonctionnement institutionnel de l’Union, à la commande publique et au renforcement de l’intégration financière régionale.
Au terme de la session, Aboubacar Nacanabo a présenté les différentes décisions prises comme l’expression d’une volonté collective des États membres de préserver les acquis de l’UEMOA, tout en renforçant la stabilité et la résilience de l’espace communautaire. Les mesures adoptées touchent notamment aux règles encadrant les marchés publics, au fonctionnement de la Cour de justice de l’Union, aux mécanismes financiers et au financement des projets structurants.
La réforme de la commande publique constitue l’un des principaux résultats de cette session. Le Conseil des ministres a en effet adopté le projet de directive portant réglementation communautaire des marchés publics. Ce nouveau cadre est présenté comme une réforme importante destinée à moderniser et à consolider les règles applicables aux procédures de passation des marchés dans les États membres.
Selon Aboubacar Nacanabo, cette réforme doit notamment contribuer à améliorer la capacité d’absorption des crédits consacrés aux investissements publics. Elle vise également à renforcer la fiabilité des procédures de passation des marchés et, plus largement, la solidité des systèmes nationaux de commande publique. L’objectif affiché est ainsi de favoriser une utilisation plus efficace des ressources publiques et d’améliorer l’exécution des investissements dans l’espace communautaire.
Sur le plan institutionnel, le Conseil a également adopté un règlement modifiant le texte de 1996 relatif au statut du greffier de la Cour de justice de l’UEMOA. Cette modification doit permettre d’adapter le cadre réglementaire aux exigences liées au fonctionnement de la juridiction communautaire et de contribuer à son bon fonctionnement.
Les ministres ont par ailleurs examiné les comptes de l’Autorité des marchés financiers pour l’exercice 2025. L’examen de ces comptes s’inscrit dans les attributions confiées au Conseil des ministres par les textes communautaires régissant le fonctionnement des institutions financières de l’Union.
La session a également accordé une place importante aux questions financières et à l’intégration des systèmes de paiement. Le Conseil des ministres s’est notamment penché sur la participation de l’institut d’émission et des banques commerciales de l’espace UEMOA au Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS).
Aboubacar Nacanabo s’est félicité de l’avis formulé par le Conseil sur cette participation, qui s’inscrit dans la dynamique de développement des échanges commerciaux et financiers à l’échelle du continent africain. L’intégration au PAPSS doit notamment favoriser davantage les transactions transfrontalières et accompagner les efforts engagés en faveur d’une plus grande intégration économique et financière africaine.
Autre décision importante adoptée lors de cette session, celle relative à la renonciation de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) à ses immunités et privilèges. Cette mesure intervient dans le cadre des démarches entreprises par l’institution pour mobiliser de nouveaux financements auprès de plusieurs partenaires techniques et financiers.
La renonciation doit ainsi faciliter l’accès de la BOAD à de nouvelles ressources financières et, par conséquent, renforcer sa capacité à accompagner les États membres dans la réalisation de projets structurants. À travers cette décision, les autorités communautaires entendent soutenir davantage le rôle de la banque régionale dans le financement du développement économique et social de l’espace UEMOA.
Au-delà des textes adoptés, le président de séance a insisté sur la nécessité de traduire rapidement ces décisions dans les faits. Il a appelé à leur mise en œuvre « de manière résolue et efficiente », afin que les réformes engagées puissent produire des résultats concrets au bénéfice des populations des États membres.





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