Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur Dakar et sa banlieue ont laissé derrière elles des quartiers isolés, comme Keur Massar ou Cité Belle Vue, et des dégâts matériels se chiffrant parfois en millions de francs CFA. Parmi les plus touchés figurent les automobilistes, dont beaucoup découvrent aujourd'hui les limites de leur contrat d'assurance.
L'assurance au tiers ne couvre pas son propre véhicule
La majorité des conducteurs sénégalais ne disposent que de la responsabilité civile obligatoire, qui couvre uniquement les dommages causés aux autres. Les dégâts subis par leur propre voiture restent alors à leur charge. Découragés par des démarches jugées lourdes, beaucoup renoncent à déclarer le sinistre et paient les réparations de leur poche.
C'est le cas d'Adji, ancienne intermédiaire d'assurance. Le 4 octobre, son véhicule de VTC a été entièrement submergé près de la Patte d'Oie. Elle a déjà déboursé environ 95 000 francs CFA de réparations, et le moteur pourrait devoir être remplacé. Son contrat, limité à l'avance sur recours et au bris de glace, ne lui permet pas d'être indemnisée. Elle envisage une assurance tous risques, mais celle-ci n'est accessible que pour un véhicule neuf ou immatriculé depuis moins de trois ans.
Les assureurs reconnaissent un manque de pédagogie
Au nom de la Fédération sénégalaise des sociétés d'assurance, Pape Ousmane Diop, directeur du marché entreprises et de la réassurance chez AXA Sénégal, admet que les professionnels doivent mieux expliquer ce que couvrent les contrats. Un véhicule inondé n'est indemnisé que si la police comporte une garantie couvrant ce risque. Le propriétaire d'une voiture de 15 à 20 millions de francs CFA assurée au tiers supporte donc seul la perte, souligne-t-il.
Aucun bilan chiffré n'est encore disponible, les déclarations de sinistre étant en cours de traitement.
Pas de régime « catastrophe naturelle »
Le Code CIMA, en vigueur au Sénégal et dans 13 autres pays de la zone, ne reconnaît que les garanties effectivement souscrites. Contrairement à la France, où un arrêté de catastrophe naturelle déclenche l'indemnisation des sinistrés, aucun mécanisme de ce type n'existe dans ce cadre.
Les bons réflexes en cas d'inondation
Les assureurs recommandent de ne jamais tenter de redémarrer un véhicule immergé, au risque d'aggraver les dégâts, de le mettre en sécurité, de photographier ou filmer les dommages, puis de déclarer rapidement le sinistre. L'assureur vérifie ensuite les garanties, analyse les circonstances et peut désigner un expert avant toute indemnisation.
Face à des orages de plus en plus violents, la Fédération estime que les produits d'assurance doivent évoluer pour rendre cette protection accessible au plus grand nombre.






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