Le Sénégal s'intéresse de près au dispositif béninois de prise en charge des victimes de violences faites aux femmes et aux filles. Ses résultats ont été présentés lors d'une rencontre organisée par le Réseau des femmes leaders pour le développement (RFLD), en présence d'acteurs sénégalais.
Les chiffres de l'Institut national de la femme du Bénin
Entre sa création en 2021 et août 2026, l'Institut national de la femme (INF) du Bénin a enregistré près de 13 000 plaintes. Il a accompagné plus de 8 000 femmes dans leurs démarches (prise en charge psychosociale, médicale et orientation) et porté près de 4 000 dossiers devant les juridictions. Plus de 1 200 verdicts favorables aux femmes et aux filles ont été obtenus.
Pour sa secrétaire exécutive, Flore Djinou, « le secret du Bénin, c'est d'abord et avant tout une volonté politique » : un cadre législatif adapté et une institution aux larges prérogatives. L'INF peut ester en justice et se constituer partie civile. Il a aussi formé des officiers de police judiciaire, premiers interlocuteurs des victimes.
Selon Flore Djinou, les violences psychologiques sont les plus signalées, devant les violences sexuelles, et les mineurs sont de plus en plus touchés.
Une mission d'étude envisagée
Côté sénégalais, la directrice de la Famille au ministère de la Famille, de l'Action sociale et de la Solidarité, Dr Diakhaté, qui modérait le panel, juge utile de s'inspirer de cette expérience. « Nous nous sommes dit qu'il était important que le Sénégal puisse s'imprégner de ce qui se fait au niveau du Bénin », explique-t-elle.
Le Sénégal dispose d'un deuxième Plan d'action national contre les violences faites aux femmes et aux filles, récemment validé et qui intègre les violences numériques. Une mission d'étude au Bénin est envisagée, avec l'accord des autorités, notamment pour étudier le système de référencement des victimes mis en place par l'INF.






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