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Diplomatie

Présence française en Afrique : Abdourahmane Tiani et Ibrahim Traoré dénoncent une stratégie de repli déguisé

Lors d’une interview accordée à la Radio Télévision du Niger (RTN) en décembre 2024, le président nigérien Abdourahmane Tiani a critiqué ce qu’il perçoit comme une manœuvre stratégique de la France en Afrique. Selon lui, malgré l’annonce officielle de la…

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Présence française en Afrique : Abdourahmane Tiani et Ibrahim Traoré dénoncent une stratégie de repli déguisé

Lors d’une interview accordée à la Radio Télévision du Niger (RTN) en décembre 2024, le président nigérien Abdourahmane Tiani a critiqué ce qu’il perçoit comme une manœuvre stratégique de la France en Afrique. Selon lui, malgré l’annonce officielle de la fermeture des bases militaires françaises dans plusieurs pays du continent, Paris poursuit ses “velléités néocoloniales” à travers un dispositif « invisible ».

Abdourahmane Tiani accuse la France de maintenir sa présence sur le continent sous des formes moins visibles. « Vous ne les verrez plus dans des bases, mais dans les ambassades ; ils seront là », a-t-il affirmé, suggérant que les installations militaires seraient remplacées par des dispositifs discrets pour préserver les intérêts stratégiques français en Afrique.

Le président burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, a apporté un soutien appuyé à cette analyse. Lors d’une déclaration publique, il a réitéré son opposition à ce qu’il considère comme une simple réorganisation des forces françaises en Afrique. Selon lui, les bases militaires pourraient céder la place à des sociétés privées de sécurité qui continueront à protéger les intérêts français, notamment économiques.

« Les soldats seront là. Vous ne les verrez plus en tenue, rassemblés dans des bases. Ils vont se réorganiser, mais seront là », a-t-il insisté. Traoré a également ironisé sur les propos du président français Emmanuel Macron, qui avait assuré que les forces françaises ne sont pas en recul sur le continent : « C’est bien le cas, et nous le voyons clairement ».

Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte de tensions croissantes entre certains pays africains et la France. Le retrait progressif des troupes françaises, notamment au Mali, au Burkina Faso, et plus récemment au Niger, marque une rupture symbolique dans les relations entre Paris et ses anciennes colonies. Cependant, les critiques formulées par Tiani et Traoré reflètent une méfiance envers les intentions françaises, accusées de s’adapter sans réellement renoncer à leur influence.

En réponse à ces accusations, Paris a maintenu que son désengagement militaire en Afrique vise à répondre aux aspirations des populations locales, tout en réaffirmant son souhait de maintenir des relations diplomatiques et économiques avec le continent. Néanmoins, cette transition vers des formes plus discrètes d’intervention, si elle est avérée, pourrait accentuer le sentiment d’une ingérence persistante.

La position des présidents nigérien et burkinabè illustre une volonté affirmée de redéfinir les relations de leurs pays avec les puissances étrangères, tout en renforçant leur souveraineté et leur autonomie stratégique. Ces prises de position résonnent avec une opinion publique africaine de plus en plus critique vis-à-vis des ingérences extérieures.

L’avenir des relations franco-africaines semble à un tournant décisif. Si les dirigeants africains comme Abdourahmane Tiani et Ibrahim Traoré appellent à une rupture nette avec les méthodes traditionnelles, la France devra redéfinir sa stratégie pour maintenir des liens avec le continent sans alimenter les tensions ni susciter davantage de méfiance. Une tâche délicate qui nécessitera une véritable remise en question des pratiques historiques et une écoute des aspirations des populations africaines.

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