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Politique

Réformes politiques au Sénégal : le Pr Ousmane Sène plaide pour la rationalisation du système partisan

Le débat sur l’avenir des institutions politiques sénégalaises continue d’animer les sphères intellectuelles et citoyennes. Ce dimanche, sur le plateau de l’émission Grand Jury de la RFM, le professeur Ousmane Sène, directeur du Centre de Recherches Ouest…

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Réformes politiques au Sénégal : le Pr Ousmane Sène plaide pour la rationalisation du système partisan

Le débat sur l’avenir des institutions politiques sénégalaises continue d’animer les sphères intellectuelles et citoyennes. Ce dimanche, sur le plateau de l’émission Grand Jury de la RFM, le professeur Ousmane Sène, directeur du Centre de Recherches Ouest Africain (WARC), a livré une analyse sans complaisance du système politique sénégalais, en mettant en lumière l’une de ses pathologies les plus visibles : la prolifération anarchique des partis politiques.

Pour l’universitaire, la tenue du dialogue national récemment initié par les autorités constitue une démarche à saluer. Il estime que cette plateforme d’échanges a été non seulement pertinente dans son principe, mais aussi opportune par son timing. Elle permet, selon lui, d’aborder des questions de fond qui affectent durablement le fonctionnement harmonieux de la démocratie sénégalaise. Parmi ces questions, celle de la rationalisation du champ politique s’impose avec acuité.

Le professeur Sène n’a pas mâché ses mots. Il a dénoncé une situation qu’il juge intenable : un paysage politique saturé, inefficace et incapable de remplir ses fonctions essentielles dans une démocratie représentative. Pour lui, la multiplication des partis politiques au Sénégal est devenue un obstacle structurel à la cohérence et à l'efficacité de la vie politique. Il parle d’une « pléthore », d’une « myriade » de formations politiques dont « les trois quarts ne servent absolument à rien ». Une situation qu’il qualifie d’absurde et qui, selon lui, décrédibilise le système partisan dans son ensemble.

Face à ce constat, l’appel est clair : il faut rationaliser. Le professeur Sène plaide pour une réduction significative du nombre de partis politiques, afin de restaurer la lisibilité de l’offre politique et de renforcer la capacité des institutions à répondre aux attentes des citoyens. Il utilise un mot fort, presque provocateur : « Il faut les siphonner ». Cette expression traduit l’urgence et la fermeté avec lesquelles il aborde la question. Pour lui, le Sénégal gagnerait à avoir « un nombre respectable et correct » de partis, en mesure de participer activement et de manière responsable à la vie démocratique du pays.

Dans cette dynamique de rationalisation, il salue le maintien du système de parrainage, pourtant critiqué par de nombreux acteurs politiques. À ses yeux, ce dispositif représente un filtre indispensable pour éviter que la scène politique ne soit inondée par des candidatures fantaisistes ou opportunistes. Il défend l’idée que dans une démocratie sérieuse, il faut des garde-fous, des mécanismes de régulation qui permettent de distinguer les projets politiques structurés des ambitions personnelles sans fondement. Pour le directeur du WARC, un pays ne peut pas prétendre fonctionner efficacement avec « 200 à 300 partis politiques ».

Le professeur Ousmane Sène ne se limite pas à une simple dénonciation. Il engage un débat de fond sur la qualité du système démocratique, en soulignant que l’enjeu n’est pas seulement quantitatif mais aussi qualitatif. Ce qu’il propose, c’est un assainissement du paysage politique qui permette de créer des regroupements cohérents, portés par de vrais projets de société, capables de structurer l’offre politique et d’assurer une alternance démocratique crédible.

En s’exprimant avec clarté sur ces questions, le professeur Sène remet sur la table un vieux débat qui, jusque-là, n’a jamais trouvé de réponse structurelle. La crise de représentativité, l’usure des institutions et la perte de confiance dans les partis traditionnels sont autant de symptômes d’un système qui peine à se réinventer. Son plaidoyer pour la rationalisation du champ politique s’inscrit donc dans une volonté de refondation. Une démocratie ne se mesure pas au nombre de partis enregistrés, mais à la capacité de ces derniers à faire vivre le débat public, à représenter des idées et à incarner une véritable alternative.

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