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Diplomatie

Ousmane Sonko frappe fort à Davos : « Nous avons hérité d’une dette proche de 100% et d’un déficit à 14%. Ce n’est pas une erreur, c’était délibéré. »

En marge du Forum d’été de Davos organisé cette année en Chine, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a marqué les esprits par une déclaration percutante sur la situation économique du Sénégal. Devant un parterre de dirigeants politiques,…

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Ousmane Sonko frappe fort à Davos : « Nous avons hérité d’une dette proche de 100% et d’un déficit à 14%. Ce n’est pas une erreur, c’était délibéré. »

En marge du Forum d’été de Davos organisé cette année en Chine, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a marqué les esprits par une déclaration percutante sur la situation économique du Sénégal. Devant un parterre de dirigeants politiques, d’investisseurs et d’experts économiques internationaux, il a tiré à boulets rouges sur la gestion du régime précédent, qu’il accuse d’avoir volontairement plombé les finances publiques.

« Nous avons hérité d’une dette proche de 100% du PIB et d’un déficit budgétaire de 14%. Ce n’est pas une erreur, c’était délibéré », a affirmé Ousmane Sonko, se basant sur les résultats d’un audit financier commandité par le président Bassirou Diomaye Faye.

Selon Sonko, les conclusions de l’audit mené peu après l’alternance de mars 2024 révèlent une « gestion budgétaire irresponsable » sous le régime de Macky Sall. Le niveau d’endettement aurait frôlé les 100% du produit intérieur brut, bien au-delà des seuils de viabilité recommandés par les institutions financières internationales. Le déficit budgétaire, quant à lui, atteindrait un niveau record de 14%, compromettant sérieusement les marges de manœuvre de l’État.

Des chiffres qui, selon le Premier ministre, ne relèvent pas de simples erreurs de gestion : « Il s’agit d’un choix politique assumé, fait en toute conscience, dont les conséquences pèsent lourdement sur le peuple sénégalais. »

Malgré cette conjoncture difficile, Sonko a écarté toute politique d’austérité, assurant que l’équipe gouvernementale mise sur un plan de redressement basé sur la justice, la transparence et l’attractivité économique. « Nous n’imposerons pas de sacrifices injustes aux populations. L’heure est à la vérité, à la responsabilité et à la mobilisation des ressources internes. »

Il a également souligné la nécessité de rétablir la confiance des investisseurs en montrant que le Sénégal est désormais dirigé avec rigueur et équité. « Nous sommes venus à Davos non pas pour quémander, mais pour proposer une vision claire, souveraine et ambitieuse du développement de notre pays. »

Ousmane Sonko n’a pas éludé la question de la reddition des comptes. « Ceux qui ont pris des décisions aux conséquences dramatiques pour les finances publiques devront répondre. Il ne s’agit pas de vengeance, mais de justice. »

Cette déclaration fait écho à l’engagement pris par le tandem Diomaye-Sonko pendant la campagne électorale : faire la lumière sur la gouvernance passée et lutter contre l’impunité.

En s’exprimant à Davos, dans ce haut lieu du capitalisme mondial, Ousmane Sonko a voulu envoyer un message clair : le Sénégal change de cap, mais reste ouvert au monde. Il entend nouer des partenariats équilibrés, respectueux de la souveraineté du pays, tout en appelant les investisseurs à « venir participer à un projet de transformation structurelle et durable ».

Le passage de Sonko à Davos marque un tournant dans la diplomatie économique du Sénégal. Entre dénonciation des dérives passées, refus de l’austérité et appel à la coopération internationale, le Premier ministre affiche une volonté de rupture tout en gardant le cap sur la stabilité. Reste à savoir comment les marchés et les partenaires internationaux réagiront à ce discours sans concession.

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