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Justice

Libération sous bracelet électronique d’Aïssatou Sophie Gladima : une décision inattendue qui relance les interrogations

C’est un virage aussi discret que déconcertant dans une affaire emblématique de la gouvernance sous Macky Sall. L’ancienne ministre des Mines, Aïssatou Sophie Gladima, incarcérée depuis le 21 mai pour un présumé détournement de 73 millions FCFA dans le…

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Libération sous bracelet électronique d’Aïssatou Sophie Gladima : une décision inattendue qui relance les interrogations

C’est un virage aussi discret que déconcertant dans une affaire emblématique de la gouvernance sous Macky Sall. L’ancienne ministre des Mines, Aïssatou Sophie Gladima, incarcérée depuis le 21 mai pour un présumé détournement de 73 millions FCFA dans le cadre du Fonds Force Covid-19, a été libérée sous contrôle électronique. Cette mesure prise en toute discrétion par la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.

Alors que l’opinion publique s’était habituée à la rigueur de la Haute Cour dans les affaires post-alternance, le cas Gladima vient casser cette logique apparente. Sa libération n’est pas le résultat d’une bataille judiciaire intense ni d’une quelconque transaction en coulisses. « Il s’agit d’une libération d’office », explique son avocat Me Michel Simel Basse, dans les colonnes de L’Observateur du 8 juillet. La Commission d’instruction, pourtant la même qui avait rejeté une demande de liberté provisoire quelques jours auparavant, a cette fois décidé unilatéralement de l’élargir, sous bracelet électronique.

Ce revirement, qualifié de “coup de théâtre” par certains observateurs, illustre une facette méconnue — et potentiellement stratégique — du traitement des dossiers de la reddition des comptes.

Pendant 47 jours de détention au Camp pénal de Dakar, Aïssatou Sophie Gladima s’est illustrée par une posture intransigeante : refuser toute caution, par principe. Elle disait ne pas vouloir « acheter sa liberté », préférant affronter la procédure de manière frontale. Une posture saluée par ses proches, qui y voient un acte de dignité. Pourtant, elle a fini par accepter le port du bracelet électronique, encadrée par l’article 138 du Code de procédure pénale. Cette mesure, qui substitue à l’enfermement une liberté surveillée, est assortie de restrictions géographiques : l’ex-ministre est désormais confinée aux régions de Dakar et de Thiès.

La décision de la Commission semble avoir pris en compte le statut public de Mme Gladima. Elle reste en effet mairesse de la commune de Joal et enseigne à l’université. Selon Me Basse, cette liberté sous contrôle électronique lui permettra de reprendre ses activités municipales et académiques. Mais cette bouffée d’air reste conditionnée : l’enquête suit son cours, les charges ne sont pas levées, et les 73 millions de FCFA présumés détournés restent au cœur du contentieux.

La libération d’Aïssatou Sophie Gladima ouvre une nouvelle séquence dans l’affaire du Fonds Force Covid-19, qui implique plusieurs anciens dignitaires du régime de Macky Sall. Alors que d’autres figures restent derrière les barreaux ou voient leurs demandes de liberté systématiquement rejetées, cette décision pourrait être interprétée comme un tournant — ou du moins, une exception.

Quelles en sont les motivations profondes ? Humanitaires ? Politiques ? Stratégiques ? Le mystère demeure entier. Mais une chose est sûre : la Commission d’instruction, en s’autorisant un tel geste, vient d’introduire une nouvelle dynamique dans une justice scrutée de près par l’opinion.

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