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Justice

Grève des greffiers : le Haut Conseil du Dialogue Social alerte sur un risque d’effondrement de la fonction publique

La paralysie qui touche l’appareil judiciaire sénégalais depuis plusieurs semaines prend une tournure de plus en plus alarmante. Ce week-end, le président du Haut Conseil du Dialogue Social (HCDS), Mamadou Lamine Dianté, a tiré la sonnette d’alarme lors du…

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Grève des greffiers : le Haut Conseil du Dialogue Social alerte sur un risque d’effondrement de la fonction publique

La paralysie qui touche l’appareil judiciaire sénégalais depuis plusieurs semaines prend une tournure de plus en plus alarmante. Ce week-end, le président du Haut Conseil du Dialogue Social (HCDS), Mamadou Lamine Dianté, a tiré la sonnette d’alarme lors du 2ᵉ Déjeuner de la Paix à Dakar. Face aux positions irréconciliables qui opposent l’État aux greffiers en grève, il a évoqué un risque majeur de rupture du pacte social et d’effondrement de l’architecture de la fonction publique.

Le conflit porte sur la revalorisation du statut des greffiers. Ces derniers réclament un alignement direct de leur catégorie actuelle, le B2, au grade A2, et cela sans formation préalable. Pour eux, cette reconnaissance est un impératif de justice sociale et d’équité avec d’autres corps administratifs. De son côté, le gouvernement se montre ouvert à l’évolution de carrière mais pose comme préalable une formation de douze mois. Problème majeur : aucune structure d’accueil n’est à ce jour disponible pour organiser cette mise à niveau, et aucune procédure concrète n’a encore été entamée pour y remédier.

« Nous avons fait toutes les démarches nécessaires, rencontré les deux parties. Mais les positions sont restées tranchées. Ce blocage menace l’équilibre même de notre République », a regretté Mamadou Lamine Dianté, dont l’institution a multiplié les tentatives de médiation ces dernières semaines. Selon le président du HCDS, le risque est double : d’un côté, le prolongement de la crise judiciaire qui pénalise justiciables et avocats ; de l’autre, un précédent dangereux susceptible d’entraîner une cascade de revendications similaires dans d’autres segments de la fonction publique.

« Si on cède sur ce point sans cadre ni critères clairs, d’autres corps vont suivre et c’est toute l’architecture de l’administration qui va s’effondrer », a-t-il averti. Il a par ailleurs confirmé que les consultations effectuées par le Haut Conseil auprès des institutions compétentes montrent qu’un dispositif de formation est possible, à condition qu’il soit formalisé dans un délai réaliste et encadré par un référentiel rigoureux.

Mamadou Lamine Dianté a donc lancé un appel pressant aux deux parties : « La rigidité ne mène nulle part. Il faut un consensus dynamique, fondé sur la responsabilité partagée, pour préserver la paix sociale et la crédibilité de l’État. » Le HCDS redoute que, faute d’accord rapide, cette crise ne devienne une fracture institutionnelle irréversible, dans un contexte marqué par des tensions budgétaires et des attentes sociales accrues.

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