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Politique

Juan Branco interpelle les nouvelles autorités sénégalaises sur les poursuites pour crimes d’État : “Toujours aucune instruction”

L’avocat franco-espagnol Juan Branco, connu pour avoir défendu l’actuel Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, s’en prend à l’inaction des nouvelles autorités sénégalaises dans les procédures judiciaires visant l’ancien régime. Dans un message publié…

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Juan Branco interpelle les nouvelles autorités sénégalaises sur les poursuites pour crimes d’État : “Toujours aucune instruction”

L’avocat franco-espagnol Juan Branco, connu pour avoir défendu l’actuel Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, s’en prend à l’inaction des nouvelles autorités sénégalaises dans les procédures judiciaires visant l’ancien régime. Dans un message publié sur X (ex-Twitter), l’avocat a déploré l’absence de suite concrète donnée aux plaintes pour crimes contre l’humanité déposées devant la Cour pénale internationale (CPI) et en France.

« Les nouvelles autorités sénégalaises, sollicitées, n’ont jamais donné d’instructions concernant les procédures initiées devant la CPI et en France concernant les soixante meurtres et plusieurs milliers de crimes commis par l’administration précédente contre leur propre peuple », a-t-il écrit.

Pour rappel, Juan Branco avait déposé, en juin 2023, une plainte devant la CPI visant nommément l’ancien président Macky Sall et plusieurs hauts responsables de son régime. Dans cette plainte de 170 pages, il les accuse de crimes contre l’humanité, notamment pour leur rôle présumé dans la répression meurtrière des manifestations survenues entre mars 2021 et juin 2023 au Sénégal. Le dossier était étayé par 710 éléments de preuve, comprenant vidéos, témoignages, certificats médicaux, rapports d’ONG et documents administratifs.

Selon lui, au moins soixante personnes ont perdu la vie dans ces violences d’État, tandis que plusieurs milliers d’autres auraient été victimes de tortures, détentions arbitraires ou persécutions politiques.

Alors que l’élection de Bassirou Diomaye Faye à la présidence en mars 2024 a marqué une rupture symbolique et politique avec l’ancien régime, Juan Branco semble regretter que cette volonté de rupture ne se soit pas traduite dans les faits judiciaires. Il dénonce une forme d’immobilisme, voire de renoncement, face à ce qu’il considère comme un devoir de justice envers les victimes.

Pour l’heure, ni le gouvernement sénégalais ni le parquet n’ont officiellement réagi à cette sortie de l’avocat.

Ce rappel à l’ordre de Juan Branco intervient dans un contexte où de nombreux Sénégalais, notamment les familles des victimes des violences politiques, attendent des actes forts en matière de justice transitionnelle. Lors de la campagne électorale, les deux figures de proue du nouveau régime, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, avaient promis de rendre justice aux victimes de la répression et de faire la lumière sur les abus du passé.

Mais pour Juan Branco, le temps presse, et l’attente risque de se transformer en désillusion. « Justice différée, justice refusée », martèlent également certains acteurs de la société civile, qui appellent à l’ouverture de procès nationaux ou au soutien actif des procédures internationales.

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