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Politique

Thierno Bocoum étrille le plan de redressement économique : « Un plan de compression déguisé »

Le plan de redressement économique présenté ce vendredi 1er août 2025 par le Premier ministre Ousmane Sonko continue de susciter de vives réactions. L’une des critiques les plus acerbes est venue de Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR-Les Leaders,…

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Thierno Bocoum étrille le plan de redressement économique : « Un plan de compression déguisé »

Le plan de redressement économique présenté ce vendredi 1er août 2025 par le Premier ministre Ousmane Sonko continue de susciter de vives réactions. L’une des critiques les plus acerbes est venue de Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR-Les Leaders, qui dénonce une vision fiscaliste et déséquilibrée de la relance.

Dans une déclaration au vitriol, l’ancien député fustige l’approche du chef du gouvernement qu’il accuse de transposer ses réflexes d’ex-inspecteur des impôts à la gestion macroéconomique du pays.

« Le Premier ministre, ancien inspecteur des impôts, semble reproduire un réflexe professionnel mal adapté au rôle de chef de gouvernement en faisant de la fiscalité l’outil principal d’un redressement qui devrait d’abord passer par l’investissement, la confiance et la stimulation de l’activité productive », déclare Bocoum.

« La charrue fiscale avant les bœufs économiques »

Selon lui, le plan dévoilé donne la priorité aux recettes fiscales plutôt qu’à une stratégie cohérente d’investissement et de relance de la demande intérieure. Il avertit : ce déséquilibre risque d’étouffer des ménages déjà fragilisés par la crise, ainsi que des entreprises en mal de liquidités.

Alors que le taux de pression fiscale atteignait déjà 16,9 % du PIB en 2024, l’objectif fixé par le gouvernement est de le porter à 20 %, voire plus, sans qu’un plan massif d’investissements publics ou d’accompagnement ciblé ne soit clairement défini.

Thierno Bocoum note par ailleurs une contradiction frappante : selon le Rapport d’exécution budgétaire, l’investissement public a chuté de 30,3 % au premier trimestre 2025 par rapport à la même période en 2024. « L’État investit moins mais prélève plus », déplore-t-il, y voyant une politique « économiquement contre-productive ».

Le leader d’AGIR insiste sur une conception plus dynamique et vertueuse de la fiscalité. Pour lui, la taxation devrait être la conséquence d’une croissance retrouvée, et non le moteur de cette croissance.

« Penser que l’on peut relancer une économie à bout de souffle par la pression fiscale est une chimère », tranche-t-il.

Il qualifie le plan gouvernemental non pas de plan de redressement, mais de « plan de compression déguisé, habillé de mots forts mais sans les injections vitales que réclame notre économie ».

Thierno Bocoum appelle donc à un recentrage de la stratégie économique nationale autour de la stimulation de la production, de la consommation intérieure, des investissements structurants et de la confiance dans les acteurs économiques.

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