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Société

Ferraille au Sénégal : colère contre l’importation massive de fer chinois, les acteurs du secteur annoncent une marche nationale

La tension monte dans le secteur de la ferraille au Sénégal. Réunis à Pikine jeudi dernier, les membres de l’Association des ferrailleurs du Sénégal ont tiré la sonnette d’alarme face à une situation qu’ils jugent de plus en plus intenable. En ligne de…

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Ferraille au Sénégal : colère contre l’importation massive de fer chinois, les acteurs du secteur annoncent une marche nationale

La tension monte dans le secteur de la ferraille au Sénégal. Réunis à Pikine jeudi dernier, les membres de l’Association des ferrailleurs du Sénégal ont tiré la sonnette d’alarme face à une situation qu’ils jugent de plus en plus intenable. En ligne de mire : l’importation massive de billettes de fer en provenance de Chine, perçue comme une véritable menace pour l’avenir de l’industrie locale. Pour exprimer leur colère, ces acteurs du secteur prévoient d’organiser une marche nationale le 25 septembre 2025.

Selon leur président, les billettes de fer chinoises inondent le marché sénégalais, provoquant une concurrence déloyale à laquelle les ferrailleurs locaux ne peuvent faire face. « Cela entraîne des pertes importantes pour les ferrailleurs et menace leur survie », a-t-il affirmé, appelant les autorités à agir rapidement. Le collectif réclame un encadrement strict de ces importations à travers l’instauration de droits de douane, de quotas ou de barrières réglementaires, afin de préserver l’industrie nationale.

Parallèlement, les ferrailleurs demandent l’ouverture de l’exportation de l’aluminium et de la fonte, aujourd’hui soumise à restriction. Pour eux, cette ouverture devrait s’accompagner d’une évaluation régulière des capacités industrielles locales afin d’éviter toute perturbation du tissu économique national. « Si nécessaire, il faudra refermer cette exportation pour protéger l’industrie locale », ont-ils précisé, montrant ainsi qu’ils ne sont pas opposés à une régulation, mais souhaitent une gestion plus équilibrée et inclusive du secteur.

Autre revendication majeure : la mise en place d’un mécanisme de fixation des prix pour les matériaux collectés. Face aux fluctuations imprévisibles du marché international, les ferrailleurs sénégalais se retrouvent régulièrement dans une situation de précarité. Ils plaident donc pour un système de prix plancher ou de subventions ciblées afin de garantir la stabilité de leurs revenus et la viabilité de leurs activités.

À cette crise économique s’ajoute un problème de bons impayés, évoqué avec insistance par le président de l’association. Plusieurs ferrailleurs peinent à percevoir le paiement de leur marchandise livrée aux industries métallurgiques locales. Cette situation rappelle, selon lui, la crise de la filière arachidière, où de nombreux producteurs avaient été laissés pour compte. Il appelle ainsi l’État à intervenir rapidement, notamment par des prêts ou subventions en faveur des industries, pour leur permettre d’honorer leurs engagements envers les collecteurs de ferraille.

Les ferrailleurs redoutent une paralysie du tissu industriel local, notamment des petites et moyennes entreprises de transformation, si rien n’est fait pour freiner l’afflux de fer importé. À travers leur mobilisation prévue le 25 septembre, ils espèrent attirer l’attention du gouvernement sur les risques économiques, sociaux et stratégiques liés à la désorganisation du secteur.

Cette situation soulève également des questions sur la politique industrielle du Sénégal en matière de souveraineté économique. Alors que le pays cherche à se positionner comme un acteur majeur dans la transformation locale de ses ressources, la dépendance aux importations dans un secteur aussi stratégique que la métallurgie interpelle. L'appel lancé par les ferrailleurs ne porte donc pas seulement sur des revendications économiques, mais aussi sur un plaidoyer en faveur d’une industrie nationale forte, protégée et soutenue.

Le gouvernement est désormais attendu au tournant pour répondre à ces préoccupations, à la veille d’un mouvement de protestation qui pourrait donner un écho plus large au ras-le-bol social latent dans plusieurs secteurs productifs.

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