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Société

Touba et Kidira noyées sous les eaux après des pluies torrentielles

Le Sénégal fait de nouveau face à la brutalité des intempéries. Dans la nuit de lundi à mardi, des pluies diluviennes se sont abattues sur plusieurs localités, plongeant Touba et Kidira dans une situation de détresse et de chaos. À Touba, près de 95,1…

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Touba et Kidira noyées sous les eaux après des pluies torrentielles

Le Sénégal fait de nouveau face à la brutalité des intempéries. Dans la nuit de lundi à mardi, des pluies diluviennes se sont abattues sur plusieurs localités, plongeant Touba et Kidira dans une situation de détresse et de chaos. À Touba, près de 95,1 millimètres d’eau ont été enregistrés en seulement vingt-quatre heures, un volume suffisant pour anéantir les efforts déjà déployés afin d’évacuer les précédentes inondations.

La ville sainte est ainsi redevenue un immense champ d’eau stagnante. Les quartiers qui avaient vu leur niveau d’eau baisser ces derniers jours ont été engloutis à nouveau. La station de pompage de 72 000 mm, censée contenir une bonne partie des précipitations, a été totalement dépassée par les événements. Devant la mairie, les eaux ont bloqué la circulation, contraignant les populations à improviser des solutions de fortune. Dans certains secteurs, seuls les charretiers assurent encore le transport. Les voitures, garées et inutilisables, ont cédé la place aux charrettes qui permettent de traverser les zones inondées. Des familles entières s’efforcent de sauver le minimum de matériel, transportant meubles et vivres loin des eaux montantes, malgré l’appui ponctuel des autorités locales.

La scène à Kidira, à l’est du pays, est encore plus dramatique. Le fleuve Falémé a connu une montée exceptionnelle de ses eaux à la suite des fortes précipitations et du lâcher du barrage de Manantali. Le pont reliant la commune aux villages riverains a totalement disparu sous les flots. Les habitants, coupés du reste du territoire, n’ont trouvé d’autre alternative que la pirogue. Les malades, les femmes enceintes, les enfants et les denrées alimentaires traversent désormais une vaste nappe d’eau de plusieurs kilomètres avant d’atteindre la terre ferme. Ce recours aux pirogues, souvent précaires, illustre la vulnérabilité de la zone, où la submersion a transformé les routes en lacs.

Ces inondations révèlent avec plus d’acuité encore le problème structurel de l’enclavement dans la région du Boundou. Les populations font face à des difficultés considérables pour évacuer les malades, pour acheminer les marchandises et pour maintenir un rythme normal dans leurs activités économiques. Les pertes agricoles sont redoutées, car plusieurs champs sont déjà menacés par la stagnation des eaux.

Dans ce contexte, les habitants lancent un appel urgent aux autorités nationales. À Touba, comme à Kidira, les populations attendent des mesures fortes et des interventions rapides pour limiter les dégâts humains et matériels. Mais au-delà de l’urgence, ces intempéries récurrentes relancent le débat sur l’efficacité des politiques d’assainissement et de gestion hydraulique dans un pays où chaque saison des pluies se transforme en désastre humanitaire et économique.

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