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Justice

Scandale des 238 milliards : 25 patrons d’entreprises dans le collimateur de la Dic

L’affaire des Conventions de substitution de débiteur (Csd), révélée par la Cour des comptes dans son référé couvrant la période 2019-2024, prend une nouvelle tournure. La Division des investigations criminelles (Dic), saisie par une délégation judiciaire…

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Scandale des 238 milliards : 25 patrons d’entreprises dans le collimateur de la Dic

L’affaire des Conventions de substitution de débiteur (Csd), révélée par la Cour des comptes dans son référé couvrant la période 2019-2024, prend une nouvelle tournure. La Division des investigations criminelles (Dic), saisie par une délégation judiciaire du Pool judiciaire financier (Pjf), a ouvert une enquête approfondie visant près de 25 patrons d’entreprises soupçonnés d’avoir bénéficié indûment de ces mécanismes financiers.

Depuis plusieurs semaines, la Dic avance méthodiquement dans ce dossier explosif. Après avoir entendu les responsables d’institutions financières ainsi que des cadres du Trésor public, les enquêteurs ont entamé la phase cruciale des auditions des chefs d’entreprises concernés. Selon des informations exclusives de L’Observateur, des convocations ont déjà été envoyées, et une demande d’extraction de prison a même été formulée pour l’un des dirigeants impliqués.

Parmi les sociétés pointées du doigt figurent Immoland, Motors Land Sarl, Dermond Oil and Gas, Computerland, Société d’Intermédiation Immobilière Office, Société d’Intermédiation Immobilière, Sorred-Mines, Carrefour Automobiles, Carrefour Automobiles Mali, Tacto Services Équipement Afrique, Agripo TV, Jamaries SA, Senteer, Complexe Seutou Indou, Établissements Moussa Gaye, Société Falilou Mbacké, Bio Énergie Green, Fadema Sau, Yanawa et Green Sarl.

Au cœur du scandale : le dispositif des Conventions de substitution de débiteur, qui permettait à l’État de se substituer à des entreprises privées dans le remboursement de créances auprès de quatre banques – la Bnde, la Brm, Coris Bank et la Banque agricole. Or, selon la Cour des comptes, ces conventions présentent de graves irrégularités.

Dans son rapport, l’institution souligne que le lien juridique entre l’État et les entreprises bénéficiaires n’est pas établi et que le fondement économique de ces opérations reste inexpliqué. Autrement dit, aucune justification contractuelle ni financière ne vient étayer ces transferts massifs de créances.

Ces zones d’ombre alimentent les soupçons. La Cour des comptes met en garde contre le risque que ces opérations aient servi de paravent à des détournements de fonds publics. Pour les magistrats financiers, les Csd pourraient bien n’avoir été qu’un écran de fumée destiné à masquer des pratiques frauduleuses.

Avec un montant évalué à 238 milliards de francs CFA, ce dossier s’annonce comme l’un des plus gros scandales financiers de ces dernières années au Sénégal. Les auditions en cours devraient permettre de déterminer les responsabilités et de confirmer, ou non, les soupçons de malversations.

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