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Justice

Procès de Pape Mahawa Diouf : la partie civile réclame 200 millions de F CFA à titre de réparation

L’affaire opposant Pape Mahawa Diouf, ancien directeur de la communication de la présidence de la République, à l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER), a été appelée ce lundi 6 octobre 2025 devant le tribunal des flagrants délits de Dakar.…

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Procès de Pape Mahawa Diouf : la partie civile réclame 200 millions de F CFA à titre de réparation

L’affaire opposant Pape Mahawa Diouf, ancien directeur de la communication de la présidence de la République, à l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER), a été appelée ce lundi 6 octobre 2025 devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Cette audience très attendue a été marquée par des moments de tension, notamment lors de la confrontation entre l’accusé et les représentants de l’agence publique.

Selon les informations recueillies à l’audience, l’ASER reproche à Pape Mahawa Diouf d’avoir tenu, dans des déclarations publiques, des propos jugés diffamatoires concernant une prétendue mauvaise gestion de 37 milliards de F CFA. Ces fonds étaient, selon le mis en cause, liés à des projets d’électrification rurale dont la transparence aurait été mise en doute. Face aux juges, les représentants de l’ASER – notamment le directeur technique et un conseiller technique – ont tenu à apporter des éclaircissements.

Ils ont expliqué que la somme évoquée par Pape Mahawa Diouf correspondait bien à des financements effectivement décaissés, mais dans le cadre de 47 projets distincts. Parmi eux, quarante concernaient la phase pilote du programme d’électrification rurale et couvraient plus de 300 villages répartis sur l’ensemble du territoire national. Les représentants de l’agence ont insisté sur le caractère transparent du processus et sur la conformité des dépenses effectuées.

Dans ses réquisitions, la partie civile a sollicité une réparation financière évaluée à 200 millions de F CFA, se fondant sur les dispositions du Code de procédure pénale. L’avocat de l’ASER a précisé que la structure ne cherchait pas la condamnation pénale de l’accusé, mais plutôt la reconnaissance d’un préjudice moral et institutionnel. « Nous ne demandons pas sa condamnation pénale, mais une réparation de 200 millions de F CFA pour l’ASER », a-t-il déclaré à la barre.

De son côté, Pape Mahawa Diouf, assisté par un collectif d’avocats composé de Me Elhadji Youm, Me El Hadji Diouf et Me Amadou Sall, a reconnu que ses propos s’inspiraient d’anciens commentaires de l’ancien ministre Thierno Alassane Sall relatifs à la gestion de l’ASER. L’ancien porte-parole du parti APR a tenu à préciser qu’il n’avait jamais voulu accuser personnellement le directeur général de l’agence ni porter atteinte à l’institution. « Si mon propos heurte, je peux le retirer. Mon intention n’a jamais été d’accuser le Directeur général ni l’ASER. En tant que porte-parole d’un parti, j’alertais simplement l’opinion », a-t-il déclaré devant le tribunal.

Lors de la prise de parole de la défense, Me El Hadji Diouf a d’abord demandé à savoir qui, au juste, représentait l’ASER dans cette procédure. Le directeur technique et le conseiller technique se sont levés pour se présenter. L’avocat s’est alors étonné de cette situation, soulignant qu’il s’agissait d’une première dans ce tribunal. Une remarque qui a provoqué un léger tumulte dans la salle avant que le président d’audience ne rétablisse le calme.

Le procès, suivi avec beaucoup d’intérêt par les observateurs politiques et médiatiques, s’annonce comme un test pour la gestion de la liberté d’expression et la responsabilité des acteurs publics dans le débat national. L’audience s’est poursuivie dans une atmosphère tendue, les plaidoiries des parties étant attendues pour la suite des débats.

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