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Politique

Kaolack : Silence coupable de l’État face à la souffrance des malades mentaux errants du Sénégal

L’Association Sénégalaise pour le Suivi et l’Assistance des Malades Mentaux (ASSAMM) a tenu un point de presse ce mardi 28 octobre 2025 à Kaolack pour alerter l’opinion publique sur ce qu’elle qualifie de « complot » orchestré par les autorités sanitaires…

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Kaolack : Silence coupable de l’État face à la souffrance des malades mentaux errants du Sénégal

L’Association Sénégalaise pour le Suivi et l’Assistance des Malades Mentaux (ASSAMM) a tenu un point de presse ce mardi 28 octobre 2025 à Kaolack pour alerter l’opinion publique sur ce qu’elle qualifie de « complot » orchestré par les autorités sanitaires contre les malades mentaux errants du Sénégal.

Selon le président de l’ASSAMM, Ansoumane Dione, une révision de la loi n°75-80 du 9 juillet 1975 relative à la santé mentale est actuellement en préparation au ministère de la Santé. Une réunion est d’ailleurs prévue le 29 octobre pour partager et valider la nouvelle version du texte — et cela sans la participation de l’ASSAMM, pourtant considérée comme un acteur clé dans la prise en charge des malades mentaux au Sénégal.

« Nous avons tout compris : les autorités veulent imposer de nouvelles restrictions aux associations. Elles envisagent d’exiger une autorisation préalable du préfet avant toute intervention auprès des malades mentaux errants », a dénoncé M. Dione.

L’association, qui affirme avoir récupéré et pris en charge près de 200 malades mentaux errants depuis décembre 2023 dans plusieurs régions du pays — notamment à Kaolack, Dakar, Thiès, Matam et Kaffrine — estime que cette réforme vise à limiter ses actions humanitaires.

« Après avoir échoué dans leurs tentatives de nous écarter, ils veulent maintenant passer par une loi. Cela ne passera pas », a-t-il ajouté.

L’ASSAMM rappelle qu’elle est reconnue officiellement par le ministère de l’Intérieur depuis le 14 mai 2001, sous le numéro 10 602, et qu’aucune nouvelle loi ne saurait lui interdire d’assister les malades mentaux errants.

Les responsables de l’association dénoncent également les manœuvres de certains spécialistes de la santé mentale, qu’ils accusent d’avoir influencé les autorités. Ils évoquent notamment un incident survenu à Matam, où des membres de l’ASSAMM auraient été arrêtés alors qu’ils menaient une opération de prise en charge de malades mentaux.

« Nous avions été empêchés de travailler à Matam, mais les populations elles-mêmes nous ont ensuite envoyé leurs malades pour traitement à Kaolack. Cela montre la confiance que les Sénégalais nous accordent », a souligné le président de l’association.

Face à cette situation, l’ASSAMM exige que le ministère de la Santé l’associe officiellement aux discussions sur la révision de la loi, afin de garantir que le nouveau texte soit conforme à la Constitution et aux droits fondamentaux des malades mentaux errants.

« Si cette loi est adoptée sans concertation, nous la traduirons devant la Cour suprême pour en demander l’annulation », a averti l’association.

Enfin, l’ASSAMM a réaffirmé sa détermination à poursuivre sa mission d’assistance et de réinsertion sociale des malades mentaux errants, malgré les obstacles.

« Nous continuerons à soigner et à réinsérer ces personnes dans la dignité. C’est peine perdue pour ceux qui veulent nous en empêcher », a conclu Ansoumane Dione.

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