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Politique

Abdoulaye Diouf Sarr rompt le silence et revient sur le drame de Tivaouane

Après plus d’une année de retrait de la scène publique, Abdoulaye Diouf Sarr, ancien maire de Yoff et ex-ministre de la Santé et de l’Action sociale, signe son retour à travers la publication d’un ouvrage intitulé Sans bruit. Ce livre, qu’il présente comme…

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Après plus d’une année de retrait de la scène publique, Abdoulaye Diouf Sarr, ancien maire de Yoff et ex-ministre de la Santé et de l’Action sociale, signe son retour à travers la publication d’un ouvrage intitulé Sans bruit. Ce livre, qu’il présente comme un témoignage écrit avec profondeur et sincérité, marque sa réapparition dans l’espace politico-médiatique et ouvre une séquence de prise de parole longtemps attendue.

Invité de l’émission « Objection », diffusée ce dimanche sur Sud FM, Abdoulaye Diouf Sarr a dévoilé les grandes lignes de cette œuvre qui retrace un parcours façonné par l’engagement public, la loyauté envers l’État et le sens du devoir. L’entretien a surtout été l’occasion pour l’ancien ministre de revenir sur l’un des épisodes les plus tragiques de sa carrière politique : l’incendie survenu dans le service néonatal de l’hôpital Mame Abdoul Aziz Sy de Tivaouane, dans la soirée du mercredi 25 mai 2022.

Ce drame, qui avait coûté la vie à 11 nouveau-nés, avait profondément bouleversé l’opinion publique et conduit, quelques jours plus tard, à la sortie de Diouf Sarr du gouvernement. Trois ans après les faits, la douleur demeure intacte chez l’ancien ministre. Il confie porter encore le poids de cette tragédie, avant tout par solidarité avec les familles endeuillées. Selon lui, il n’existe pas plusieurs vérités autour de ce dossier, mais une seule, contenue dans les conclusions de l’enquête diligentée après les faits. Il regrette toutefois que, dans de telles affaires, l’attention se focalise souvent sur l’émotion et les réactions immédiates, au détriment des résultats des investigations officielles.

Revenant sur les circonstances de l’incendie, Abdoulaye Diouf Sarr rappelle que les 11 bébés ont péri dans un service néonatal ravagé par le feu, dans des conditions dramatiques. La thèse la plus plausible, selon lui, demeure celle d’un court-circuit électrique. Il précise qu’au moment du drame, il se trouvait à Genève et qu’il est rentré par la suite au Sénégal pour suivre l’évolution du dossier. Les événements qui ont suivi, ajoute-t-il, ont conduit à son départ du ministère de la Santé, dans un contexte qu’il estime largement connu de l’opinion.

Sur le plan personnel, l’ancien ministre reconnaît avoir vécu cette épreuve avec une souffrance profonde, rappelant que les responsables publics restent avant tout des êtres humains. Il affirme toutefois avoir affronté cette situation avec dignité, tout en admettant qu’il est extrêmement difficile, dans un tel climat, de ne pas ressentir certaines déclarations publiques comme injustes ou excessives.

Interrogé sur sa responsabilité dans cette affaire, Abdoulaye Diouf Sarr se montre catégorique. Il soutient n’avoir aucune responsabilité directe dans la survenue du drame, hormis ce qu’il qualifie de responsabilité politique et morale. À ce titre, il explique que son départ du gouvernement ne relevait pas d’une sanction, mais d’un choix assumé dans un contexte de crise. Il estime qu’il fallait accepter de jouer le rôle de « fusible » afin d’absorber l’onde de choc et d’éviter que la situation ne fragilise davantage l’ensemble du système.

Enfin, Abdoulaye Diouf Sarr est revenu sur ses échanges avec l’ancien président Macky Sall, la veille de son limogeage. Il révèle que le chef de l’État l’avait appelé pour discuter de la situation avec responsabilité et que les deux hommes avaient convenu que la meilleure solution était son départ du gouvernement. Selon lui, Macky Sall avait tenu à préciser que cette décision ne devait pas être perçue comme une sanction, allant jusqu’à nommer une personne issue de son équipe, Marie Khemesse Ngom Ndiaye, alors directrice générale de la Santé publique, pour lui succéder à la tête du ministère.

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