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Société

ANAMO : des employées dénoncent des licenciements déguisés et interpellent l’État

Une vive tension secoue l’Agence nationale de la Maison et de l’Outil (ANAMO), où plusieurs employées réunies en collectif dénoncent ce qu’elles qualifient de licenciements déguisés, opérés sous couvert de décisions administratives jugées floues et…

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ANAMO : des employées dénoncent des licenciements déguisés et interpellent l’État

Une vive tension secoue l’Agence nationale de la Maison et de l’Outil (ANAMO), où plusieurs employées réunies en collectif dénoncent ce qu’elles qualifient de licenciements déguisés, opérés sous couvert de décisions administratives jugées floues et abusives. Lors d’un point de presse, ces travailleuses ont brisé le silence pour alerter l’opinion publique et interpeller directement les plus hautes autorités de l’État, après avoir été placées en chômage technique sans salaire.

À l’ANAMO, le climat social s’est fortement détérioré. Ce qui devait être une simple période de congés s’est transformé en véritable épreuve pour quatre assistantes de l’agence, aujourd’hui privées de revenus et de leurs droits élémentaires. Selon elles, la situation qu’elles traversent relève d’une gestion opaque et profondément injuste des ressources humaines.

Les faits remontent au 24 décembre dernier. Alors qu’elles étaient officiellement en congé, Salman Diallo, assistante et déléguée du personnel, ainsi que trois de ses collègues, reçoivent un appel téléphonique du conseiller technique du Directeur général. Le message est sans détour : à la suite d’une recommandation du conseil de surveillance visant à réduire les effectifs, elles sont écartées de leurs fonctions. Une décision brutale, annoncée sans notification formelle préalable, qui suscite incompréhension et indignation.

La forme même de la mesure pose problème. Selon Salman Diallo, le document transmis aux intéressées comporte de graves incohérences. « Dans l’objet du document, il est inscrit “décision portant redéploiement interne”, mais dans le contenu, on nous met en chômage technique sans salaire pour des raisons économiques », dénonce-t-elle. Pour la déléguée du personnel, cet argument économique ne repose sur aucun fondement sérieux et dissimulerait une volonté manifeste de se séparer d’une partie du personnel sans respecter les procédures prévues par le droit du travail.

Au-delà de ces quatre cas, le collectif affirme que d’autres agents de l’ANAMO auraient subi le même sort. La méthode décrite semble systématique : une demande d’explication est adressée à l’agent concerné, mais avant même qu’une réponse ne puisse être apportée, le salaire est suspendu. Une pratique que les employées jugent arbitraire et contraire aux principes les plus élémentaires de justice sociale.

Cette situation plonge les travailleurs concernés, en majorité des femmes, dans une précarité brutale. Privées de leur source de revenus du jour au lendemain, sans préavis ni mesure d’accompagnement, elles dénoncent une atteinte grave à leur dignité et à leur sécurité sociale, dans un contexte économique déjà difficile.

Face à ce qu’elles considèrent comme une injustice flagrante, les employées de l’ANAMO ont décidé de porter l’affaire au plus haut niveau de l’État. Des courriers ont été adressés à la Primature ainsi qu’au Secrétariat général du Gouvernement, dans l’espoir d’une intervention rapide des autorités.

« Nous sommes des citoyennes sénégalaises qui ont cru au changement et combattu pour la justice. Nous ne pouvons pas accepter de subir de telles pratiques, surtout en tant que femmes », a déclaré Salman Diallo lors de sa prise de parole, appelant à une prise de responsabilité des pouvoirs publics.

Les protestataires attendent désormais une réaction des autorités afin que toute la lumière soit faite sur la gestion des ressources humaines au sein de l’ANAMO. Elles réclament la restauration de leurs droits, la régularisation de leur situation administrative et le respect strict des lois qui encadrent le travail et la protection des salariés, rapporte iRadio.

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