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Justice

Justice ou réhabilitation politique ? La ligne rouge franchie selon Guem Sa Bopp

La polémique autour de la candidature d’Ousmane Sonko et de la volonté affichée de certains de contester sa condamnation judiciaire continue de susciter de vifs débats dans l’opinion publique. Pour Guem Sa Bopp, mouvement citoyen et politique, la situation…

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Justice ou réhabilitation politique ? La ligne rouge franchie selon Guem Sa Bopp

La polémique autour de la candidature d’Ousmane Sonko et de la volonté affichée de certains de contester sa condamnation judiciaire continue de susciter de vifs débats dans l’opinion publique. Pour Guem Sa Bopp, mouvement citoyen et politique, la situation dépasse désormais le simple cadre judiciaire et révèle une tentative manifeste d’instrumentalisation des institutions.

Selon Moussa Niang, Délégué national à la vie politique de Guem Sa Bopp, il ne s’agit plus d’un procès ou d’un débat sur la justice, mais d’un bras de fer politique orchestré au détriment des règles et des institutions. « Lorsqu’un pouvoir s’acharne à réécrire les règles après une condamnation définitive, il ne réforme pas les institutions, il les instrumentalise », affirme-t-il. La condamnation de M. Sonko pour diffamation est définitive et conforme à l’article 627 du Code de procédure pénale, qui impose un délai strict de dix jours pour produire la preuve. Faute d’avoir respecté cette exigence, le leader politique a été déchu légalement de son droit de preuve et la décision judiciaire bénéficie de l’autorité absolue de la chose jugée.

Pour Guem Sa Bopp, les tentatives actuelles de réouverture du dossier s’appuient sur des documents prétendument incriminants, mais qui ne résistent pas à l’examen des faits. Ni rapport de l’Inspection générale d’État (IGE), ni rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) n’existent pour accabler Ousmane Sonko. Le rapport de la Cour des comptes 2023 sur la gestion 2018-2021 confirme que le Programme de Développement des Compétences (PRODAC) n’a jamais fait l’objet d’un audit, à l’exception d’une vérification contractuelle menée par l’IGF en 2017 entre l’État et l’entreprise Green 2000. Aucun élément nouveau juridiquement recevable n’a donc été produit. Dans ces conditions, toute tentative de rouvrir le procès constitue, selon le mouvement, une impasse juridique totale, dépourvue de fondement légal et vouée à l’irrecevabilité.

Pour Moussa Niang, la démarche actuelle n’a qu’un objectif clair : une offensive politique visant à contester la décision judiciaire et à rétablir artificiellement l’éligibilité d’Ousmane Sonko. Sous couvert de réformes institutionnelles, qu’il s’agisse de modifications du Code électoral ou de la transformation du Conseil constitutionnel en Cour constitutionnelle, l’enjeu véritable reste de corriger une sanction judiciaire par des moyens politiques. « La loi électorale est sans ambiguïté : en conséquence de sa condamnation définitive, Ousmane Sonko est inéligible. Il ne pourra participer ni aux prochaines élections locales, ni aux législatives, ni à la présidentielle », rappelle Moussa Niang.

Guem Sa Bopp insiste sur la nécessité de respecter la loi dans son caractère général et impersonnel. « La loi ne saurait être façonnée pour un individu, encore moins pour effacer une décision de justice », souligne le mouvement. Pour le Délégué national à la vie politique, ce qui est présenté comme une réclamation de justice n’est en réalité qu’un échec juridique transformé en agitation politique. Et pour Moussa Niang, la République, pour rester digne de son nom, ne doit jamais céder au chantage politique, quelle qu’en soit la pression.

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