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Politique

Dette publique : Alioune Tine appelle à un changement de cap et plaide pour une restructuration négociée avec le FMI

Le débat sur la trajectoire économique du Sénégal continue d’alimenter l’actualité, avec une nouvelle prise de position d’Alioune Tine, fondateur d’Afrikajom Center. Dans une publication sur le réseau social X, l’acteur de la société civile a exhorté les…

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Dette publique : Alioune Tine appelle à un changement de cap et plaide pour une restructuration négociée avec le FMI

Le débat sur la trajectoire économique du Sénégal continue d’alimenter l’actualité, avec une nouvelle prise de position d’Alioune Tine, fondateur d’Afrikajom Center. Dans une publication sur le réseau social X, l’acteur de la société civile a exhorté les plus hautes autorités du pays à revoir leur stratégie de gestion de la dette publique, estimant que la situation actuelle exige des décisions courageuses et pragmatiques.

S’appuyant sur les travaux de l’Agora/Penc d’Afrikajom Center, Alioune Tine considère que le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le Premier ministre Ousmane Sonko et l’ensemble du gouvernement « doivent absolument choisir l’option de la restructuration de la dette et négocier avec le FMI », selon des propos rapportés par Seneweb. Cette position repose sur un rapport élaboré par Abdoulaye Ndiaye, professeur à l’Université de New York, et Martin Kessler, directeur de Finance Lab, qui analyse de manière comparative les scénarios de restructuration de la dette proposés par le Fonds monétaire international et celui de la non-restructuration actuellement privilégié par les autorités sénégalaises.

Le document met en lumière les risques et vulnérabilités associés à chaque option, dans un contexte que le fondateur d’Afrikajom Center juge particulièrement préoccupant pour la période 2024-2026. Alioune Tine évoque notamment la suspension du programme du FMI depuis octobre 2024, l’arrêt des décaissements des bailleurs multilatéraux, l’effondrement des eurobonds sénégalais et la perte d’accès aux marchés financiers internationaux. À ses yeux, le recours massif au marché de l’UEMOA pour financer les besoins de l’État a entraîné une hausse rapide de la dette domestique et régionale, accentuant les tensions sur la soutenabilité globale de la dette publique.

Selon Alioune Tine, cette dynamique conduit à une situation d’« improbable soutenabilité de la dette sénégalaise », une analyse qu’il estime en contradiction avec les assurances récemment données par le ministre des Finances devant l’Assemblée nationale. Face à ce constat, il appelle les autorités à adopter une approche réaliste et à envisager sans tabou la restructuration de la dette, une option qui, rappelle-t-il, bénéficie du soutien de nombreux économistes de renommée internationale et de plusieurs organisations engagées dans les questions de justice économique.

Il cite notamment les prises de position de figures telles que Joseph Stiglitz, Thomas Piketty et Esther Duflo, ainsi que diverses initiatives internationales plaidant pour l’allègement, voire l’annulation, de la dette des pays pauvres et vulnérables. Pour Alioune Tine, changer de stratégie ne saurait être interprété comme un aveu de faiblesse politique ou économique. Bien au contraire, il y voit un acte de responsabilité. « Ce n’est pas une infamie que de rectifier le tir pendant qu’il est encore temps. Se tromper et changer est un signe de courage et de sens des responsabilités », a-t-il affirmé, tout en mettant en garde contre les conséquences potentielles d’un refus de la restructuration, qui pourraient peser lourdement sur les entreprises nationales et fragiliser davantage le franc CFA.

Au-delà des choix techniques et financiers, le fondateur d’Afrikajom Center insiste également sur la dimension démocratique de la question. Il plaide pour une démarche fondée sur la transparence et la consultation des populations, estimant qu’un débat national est nécessaire sur un enjeu aussi déterminant pour l’avenir économique et social du pays. Selon lui, il est essentiel que les gouvernants associent les citoyens à la réflexion, afin de recueillir leurs avis et de les préparer à « mieux supporter ensemble les sacrifices » qu’impliquent les décisions à venir.

Par cette sortie publique, Alioune Tine relance ainsi le débat sur la gestion de la dette sénégalaise et interpelle les autorités sur l’urgence d’un choix stratégique susceptible d’influencer durablement la stabilité économique et sociale du pays.

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