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Politique

Affaire Abdoulaye Bâ : Alioune Tine alerte sur une crise de confiance entre justice et experts médicaux

Le fondateur d’Afrikajom Center, Alioune Tine , a livré une analyse sans concession sur la situation actuelle de la justice dans l’affaire liée à la mort de l’étudiant Abdoulaye Bâ. Dans une intervention publiée sur sa page X, le défenseur des droits…

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Affaire Abdoulaye Bâ : Alioune Tine alerte sur une crise de confiance entre justice et experts médicaux

Le fondateur d’Afrikajom Center, Alioune Tine , a livré une analyse sans concession sur la situation actuelle de la justice dans l’affaire liée à la mort de l’étudiant Abdoulaye Bâ. Dans une intervention publiée sur sa page X, le défenseur des droits humains s’inquiète ouvertement des tensions croissantes entre les experts médicaux et le procureur de la République, estimant que cette confrontation publique porte un sérieux préjudice à l’image de l’institution judiciaire.

Selon lui, le démenti apporté par des médecins au communiqué du procureur constitue « une catastrophe pour l’image de la justice ». Alioune Tine déplore une succession de désaccords récents entre magistrats et professionnels de santé qui, à ses yeux, fragilisent davantage la crédibilité de l’appareil judiciaire. Il évoque notamment l’affaire Farba Ngom, au cours de laquelle, affirme-t-il, les juges auraient ignoré l’avis des médecins. Aujourd’hui, c’est le contenu du communiqué du procureur relatif à l’autopsie de l’étudiant Abdoulaye Bâ qui est remis en cause par le corps médical, accentuant le malaise.

Pour le militant des droits humains, ces frictions répétées traduisent une gestion maladroite de dossiers sensibles et révèlent une incompréhension plus profonde des transformations sociétales en cours. Il insiste sur la complexité particulière du cas Abdoulaye Bâ, qui touche à la fois le milieu universitaire et le corps médical, deux sphères fortement structurées et capables de mobiliser l’opinion publique. À cela s’ajoute un contexte technologique inédit où l’information circule instantanément.

Dans ce qu’il qualifie de « monde nouveau », les vidéos et témoignages liés aux événements survenus à l’Université Cheikh Anta Diop sont diffusés en temps réel, commentés et relayés à grande échelle sur les réseaux sociaux et dans les médias internationaux. La documentation des faits présumés de violations des droits humains ne reste plus confinée à des cercles restreints : elle est désormais accessible, archivée et analysée par une opinion publique connectée et vigilante.

Alioune Tine rappelle également que cette jeunesse universitaire est politisée et qu’une partie significative d’entre elle a soutenu le parti PASTEF. Dans ce contexte, toute communication institutionnelle jugée opaque ou contradictoire peut rapidement susciter défiance et contestation. Il observe que l’opinion se forme aujourd’hui autant sur les plateformes numériques que dans les médias traditionnels, les influenceurs et chroniqueurs jouant un rôle croissant dans l’orientation des débats publics.

Face à cette nouvelle donne, le fondateur d’Afrikajom Center appelle à la prudence et à la responsabilité. Il estime qu’il est difficile d’aller à contre-courant de l’évolution du monde et des attentes accrues en matière de transparence. Évoquant les récents remous ayant touché le ministre de l’Intérieur, il suggère qu’il est nécessaire de préserver l’institution judiciaire et de protéger le procureur, afin d’éviter que la crise ne s’aggrave davantage.

Alioune Tine replace enfin les violences universitaires dans une perspective plus large, les qualifiant de « maladie chronique » antérieure aux dynamiques politiques actuelles et qui, selon lui, s’est aggravée au fil des années. Il invite les autorités à reconnaître la complexité du problème et à engager une réflexion approfondie sur ses causes structurelles.

En conclusion, le défenseur des droits humains plaide pour l’ouverture d’un dialogue inclusif et apaisé. Il appelle les différents acteurs – pouvoirs publics, corps médical, justice, étudiants et société civile – à débattre collectivement dans le calme et la sérénité afin de dégager des solutions consensuelles, susceptibles de restaurer la confiance et de préserver la stabilité institutionnelle.

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