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Macky Sall pressenti à l’ONU : soutiens affirmés, réserves politiques et équation diplomatique complexe

La perspective d’une candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) alimente, depuis plusieurs mois, les débats politiques et diplomatiques à Dakar comme sur le continent…

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Macky Sall pressenti à l’ONU : soutiens affirmés, réserves politiques et équation diplomatique complexe

La perspective d’une candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) alimente, depuis plusieurs mois, les débats politiques et diplomatiques à Dakar comme sur le continent africain. Si l’intéressé s’est contenté d’affirmer qu’il n’« écarte aucune option », plusieurs voix s’élèvent désormais pour défendre l’idée d’une candidature jugée « naturelle » dans le contexte international actuel.

Un soutien politique assumé

Le vice-président du groupe parlementaire Takku Wallu (opposition), Djimo Souaré, a publiquement plaidé en faveur de l’ancien chef de l’État dans une interview accordée au quotidien L’Observateur ce mercredi 18 février. Selon lui, la démarche ne relèverait ni d’une ambition personnelle ni d’un calcul politique, mais d’une « exigence » dictée par l’intérêt supérieur de l’Afrique et du monde.

Dans un environnement mondial marqué par des tensions géopolitiques persistantes, des crises économiques successives et de profondes incertitudes stratégiques, Djimo Souaré estime que le profil de Macky Sall répondrait aux attentes d’une organisation en quête de stabilité et de capacité de médiation. Il avance que « son nom s’impose naturellement » et souligne l’existence de « convergences rares » autour de cette éventualité.

Pour le parlementaire, plusieurs chefs d’État africains ainsi que des partenaires internationaux majeurs verraient en l’ancien président sénégalais un dirigeant capable de transcender les clivages idéologiques, culturels et géopolitiques. Il met en avant son expérience au sommet de l’État, sa connaissance des enjeux multilatéraux et sa « maturité d’État », qu’il juge compatibles avec l’envergure d’une telle fonction.

Un contexte institutionnel en pleine mutation

La question de la succession à la tête de l’ONU intervient dans un contexte où l’Afrique aspire à jouer un rôle plus affirmé dans la gouvernance mondiale. Plusieurs analystes rappellent que le continent n’a jamais dirigé l’organisation, ce qui alimente, de manière cyclique, le débat sur une candidature africaine consensuelle.

Parallèlement, au niveau continental, les chefs d’État de l’Union Africaine(UA) auraient prévu de se concerter virtuellement dans les prochains jours afin d’évoquer la question. L’enjeu serait d’aboutir à une position commune susceptible de renforcer le poids diplomatique africain dans les discussions internationales.

Silence officiel et tensions internes à Dakar

À ce stade, les autorités sénégalaises n’ont pas formellement annoncé leur soutien à une éventuelle candidature. Le président en exercice, Diomaye Faye, évolue dans un contexte politique sensible. Une partie significative de sa base militante, notamment au sein du parti Pastef, s’oppose fermement à toute forme d’appui à l’ancien chef de l’État.

Les critiques s’appuient notamment sur le bilan des années 2021 à 2024, marquées par des épisodes de violences politiques ayant causé au moins 85 morts selon les chiffres régulièrement avancés par l’opposition actuelle. Pour certains responsables, soutenir Macky Sall dans une telle ambition internationale « serait pire qu’une trahison », à l’image de la position exprimée par le député Guy Marius Sagna.

Cette polarisation interne place l’exécutif sénégalais face à un dilemme diplomatique et politique : privilégier une logique de rayonnement international et de solidarité africaine, ou tenir compte des attentes d’une base électorale attachée à une rupture nette avec l’ancien régime.

Une équation diplomatique à multiples variables

Au-delà des débats nationaux, la désignation du Secrétaire général de l’ONU relève d’un processus complexe impliquant le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale. Toute candidature nécessite des soutiens solides, notamment parmi les membres permanents du Conseil de sécurité, dont les équilibres géopolitiques influencent fortement l’issue du vote.

Dans ce contexte, la question n’est pas seulement celle de la légitimité ou du parcours d’un candidat, mais aussi celle de la capacité à rassembler des appuis transrégionaux et à s’inscrire dans les dynamiques diplomatiques du moment.

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